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#3

W

Rouleau d'écran de poésie
sous économie d'énergie
#3 • 11/15






Matt Hart

[Notes à un jeune poète 1.5] - Notes à soi

Traduit de l'américain par Samuel Rochery

Tu pourrais faire bien pire que de la clarté.
J’aime les chemises en flanelle à carreaux, mais peut-être que
T’es plutôt jolies robes et peau de daim.
Peut-être que t’es dopé à l’IPA.
Peut-être que lorsque je dis dopé tu penses
à des lapins ou tu penses à une manivelle.
Tout est bon. Les associations sont toujours
bonnes. Il faut que tu aies une intention
dans ton travail, même si ça vient juste après le fait
de l’écrire. Ne laisse pas la question du sens
au hasard. Les opérations du hasard sont marrantes -
surtout quand elles enlèvent la rate
de tes amis. Tu peux essayer
à la maison, mais pour toi ça marchera mieux
dans un bar ou sur la piste d’une patinoire. Trouve-toi
Un procédé qui marche. Ou plein.
Pense à ce que tu as fait, à ce que tu veux
faire, et à ce que tu fais. Personne ne le fera
pour toi. Ne te néglige pas
en ne prenant aucune décision. D’un autre côté
personne ne sait ce qu’est un poème, et
quiconque te dit le contraire ne fait que
limiter tes possibilités. Fuis à toute jambes
dans le sens opposé dès que tu le peux.
Si tu ne peux pas, change-toi en Grendel
et saccage toute la salle. Ecrire des poèmes



est une valeur en soi, et si tes poèmes ne ressemblent pas à ce qu’une autorité supposée en la matière, X, pense qu’un poème devrait être, ça montre juste à quel point il en connait peu sur l’histoire de l’art, pour ne pas dire l’imagination, la créativité et la vision. Souviens-toi de Van Gogh. Lis Crainte et tremblement de Kierkegaard. Lis le Portrait de Giacometti, par James Lord. Lis Les rimes du Vieux Marin de Samuel Taylor Coleridge. Lis HOWL et autres poèmes de Ginsberg, nom de dieu. Tous ces livres/poèmes parlent de foi et de persévérance. Tu en auras besoin pour continuer. Tu subiras des revers, et tu dois t’y préparer. Si quelqu’un te dit que tu ne peux pas inclure : les étoiles, les arbres, les oiseaux, le cœur des hommes, les feuilles, l’herbe, les chiens, les bébés, etc. dans tes poèmes, écris tout de suite un grand poème qui inclue toutes ces choses pour prouver que la personne a tort. Si le premier poème que tu écris, incluant toutes ces choses, ne te convient pas, alors écris-en un autre, et encore un autre, jusqu’à ce que ça tu trouves celui qui te plaise. OU BIEN, option deux, écris huit grands poèmes dans lesquels tu incluras les choses « impossibles à utiliser » et les choses « impossibles à bien utiliser », une par une. Concernant la publication, n’envoie pas le même poème à plusieurs revues simultanément (même si ça ne pose pas de problèmes pour la revue). Si tu n’as pas assez de poèmes à envoyer à toutes les revues qui t’intéressent, eh bien ne perds pas ton temps à les contacter, et écris plus de poèmes. C’est pénible pour un éditeur d’avoir sérieusement pensé à retenir des textes, pour finalement se les voir enlever avant qu’il ait eu le temps de te le faire savoir. N’envoie pas de travaux là où la réponse prend plus de deux ou trois mois, ou alors, si tu le fais, ne te plains pas, assume. Je l’ai appris à la dure, en me plaignant au sujet de la publicité, et en passant pour un idiot (sûrement pas pour la première et dernière fois). Heureusement, l’éditeur m’a pardonné, et je lui en suis très reconnaissant. Calcule ta paye de poésie proportionnellement à la dose de travail que tu attends du lecteur pour qu’il pige. Sois aussi prompt à éviter l’hermétisme que tu le serais à éviter le sentimental et la saccharine. Tu pourrais faire pire que l’humanité. Quand quelque chose fonctionne, fête-la sans limites, et puis résiste-lui dans tes prochains travaux. Les gens aiment être compris et écoutés. Intéresse-toi sincèrement aux autres et à ce qu’ils font, et ils s’intéresseront sincèrement à toi et à ce que tu fais. Si ce n’est pas le cas, qu’ils aillent se faire foutre. Tout le monde n’est pas gentil, et il y a tellement de gens qui écrivent des poèmes dont tu peux te faire des amis et avec qui tu peux construire une communauté. Tu peux faire mieux que les gens avares et sarcastiques. Aussi, tout le monde a besoin d’une nemesis – une nemesis qui ne soit pas eux-mêmes – de telle sorte que tu peux en choisir une (ou une centaine) parmi tous les trous du cul du monde, mais tu ne devrais le faire que dans le but de les ignorer. Ne perds pas ton temps dans la colère et le négatif, écris plus de poèmes. Si ça te paraît incompatible, c’est normal. Bienvenue



en poésie. Tu pourrais faire pire, i.e.
Bienvenue en Syrie 2012. Bienvenue à l’Armée
de Résistance du Seigneur. Vous êtes cinq ou vous êtes
sept. Rappelle-toi : l’Ambiguité n’est pas le Vague,
pas plus que les Sirènes sont une décharge.
Association et disjonction sont des choses complètement différentes.
Qu’il y ait une histoire derrière ton poème –
dans la mesure où une histoire était à l’impulsion du poème –
ne fait pas de lui quelque chose de narratif. Parfois la forme est
le contenu. C’est une chose avec laquelle tu peux
être à l’aise ou pas. Va danser. Fais du karaoké.
Fais en sorte de paraître con. Le non-sens est vraiment
une affaire sérieuse. Il y a quelque chose qu’on appelle l’âme,
mais pas dans le sens où moi ou d’autres
l’entendons, probablement. Si tu te trouves dans une situation
où, pour faire entendre ton poème à d’autres
de la manière que tu veux
(par exemple, dans un atelier d’écriture), tu t’arrêtes,
obligé de paraphraser ou redire chaque ligne ou strophe
pour présenter plus clairement ce que « tu essayais de dire »,
alors, c’est que tu as manqué quelque chose
dans ton poème. Ou alors, c’est que « le dire »
n’était pas vraiment ce que ton poème faisait,
et il vaut mieux orienter la conversation
vers une autre direction. Ne sois pas
vexé. C’est juste embêtant. N’attends pas des autres qu’ils soient
capables de lire/interpréter tes poèmes de manière conventionnelle,
même figurativement, si ce que tu fais défie
ou ébranle les manières conventionnelles de comprendre.
D’un autre côté, tout n’a pas besoin d’être résolu,
surtout (dans) les poèmes. Les poèmes ne sont pas des puzzles,
des codes secrets, ou des témoins attachés aux faits.
Jure de dire toute la vérité, mensonges inclus.
Le sabotage, le vol, et l’échec sont trois
de mes valeurs littéraires préférées. Ce sont
aussi tes valeurs, peut-être. « Fais toujours le contraire
de ce que je te dis », je l’ai écrit
ailleurs, mais je crois que c’est valable ici plus que jamais.
Tu pourrais faire bien pire que de la poésie.


Notes à soi (notes to self) sont, à l’origine, une contribution de l’auteur à une rubrique du site des éditions H_NGM_N. Elles répondent à un exercice proposé : écrire des « notes » sur le principe des « notes to a young poet», titre rilkéen d’un poème d’Andrea Henchey.

David Christoffel

Maître Corbeau, 2

L’arbre est intéressant
Sous plusieurs points de vue.
Ça voudrait dire
Qu’avec tous ces points de vue,
On peut les prendre
Dans des ordres différents.
Donc, pour commencer,
On n’est pas sûr que
L’ordre qu’on va choisir
Sera forcément le meilleur.
Donc, l’arbre étant intéressant,
On a le problème
de le prendre
dans le bon ordre.
Ou alors,
On liste les points de vue...
Et on cherche l’ordre après...

D’un certain point de vue,
On peut monter jusque :
là où on n’est pas trop lourd :

Plus on monte, plus il faut
être léger
pour pouvoir continuer.
Mais d’un autre point de vue,
Si on est attaché,
On monte avec des accroches
Qui, sous un autre point de vue,
Sont des nouveaux points
de détachement
On peut alors
Avec des points de vue
Sur d’autres choses que l’arbre :
A chaque branche,
il faut une décision
Mais à chaque décision,
Il peut y avoir
autre chose qu’un arbre
sans être sûr que ce moment
est moment
de connaissance.

Compte tenu de tout ce qui se passe
Tout ce qui se passe,
Ça va faire beaucoup pour moi.
Et
de toute façon,
avec l’ensemble de tout ce qui se passe,
je veux dire que
cela ne me dérangerait pas
d’en faire un peu trop.

Dès lors que j’en fais beaucoup,
Dès que j’en fais un peu plus,
Je ne peux pas en vouloir à
Qui pensent que j’en fais un peu moins.
Chaque fois que je fais le maximum
Je me rends bien compte
Que ça ne suffit pas
A tout.

J’ai l’impression que
Plus je me remue dans tous les sens
Plus on me regarde de travers.

Mais il s’en faudrait de peu.

Une fois, comme ça,
ils ne se sont pas rendus compte
ils ne le savaient pas,
ils allaient beaucoup mieux.


...

(La suite au prochain numéro)

Pour lire la première partie du poème,
c'est ici : http://revuewatts.srwebworks.com/watts2/#christoffel

Guillaume Fayard

Définition en cours

Pour Morton Feldman

Toutes ces musiques vécues, ces
imbibations, où va l'eau du bain après ?
Tous ces visages

Alors là la peau fait comme ça toutes ces opérations
microscopiques de resserrement, de définition, il faut
du temps à ça, ce n'est pas tout de suite, littéralement
des siècles de secondes accumulées, des tonnes
disons 6 810 000, et progressivement,
le visage apparaît

Tout se joue à la seconde, un texte, dans
la seconde, comme la lecture de son côté,
suivant ses règles
à elle. Le texte vient après

« je suis celui qui suit » (Godard, in Duras / Godard,
Dialogues,
post-éditions/Centre Pompidou, 2014)

Un jeu est une activité partagée. Il me faudrait
un lecteur-test, homme de paille, femme-témoin,
qui veut bien faire ça aujourd'hui ?
(faire demande de financement participatif)

Toutes les femmes lui servaient dorénavant de femme-témoin
cela s'éclairait, elles représentaient cela aussi, une forme
vivante (seule, dernière forme), garantes d'une viabilité ou non
en cela seuls centres d'intérêt qui vaille malgré la puissance diffusée
des livres de noise ambient et disques de
philo post-structuraliste, utiles, mais, comment dire, confinés ? —
quelqu'un témoignerait
de comment la peau se resserre vient prendre place, comment
le visage, jamais achevé, continue de se
former jour après seconde, après seconde, de se
former à apparaître même après des années déjà
de visibilité, apprentissage en cours d'exposition, tu prends
l'oeuvre en tas, tu l'installes et à la fin de l'exposition, elle
est. Remise en jeu des traits constamment coûteuse (la vie)
globalement certes sans le moindre effort si l'on veut bien
(c'est naturel, et puis tu n'es pas seul en jeu, il y a
la dimension physique, la peau, le climat, les
limites de la matière, l'élasticité) et de comment l'histoire
au final n'est jamais acquise, résolue, toujours en cours de,
et comment après coup peut-être
mais jamais tout à fait, elle se définit
(se -finir : ne se pas, jamais, achever ?)
Le genre du texte

Hier soir j'ai aimé passionnément le véhicule qui est passé tard vers deux heures du matin, il nettoyait les rails du tramway, il le conducteur, la machine passait lentement sur les rails, souffle, lavait en profondeur, très puissamment chaque centimètre, le conducteur faisait cela probablement comme une routine —
(il porte des bouchons d'oreilles, à un moment donné, c'est forcé)
(y a-t-il un système de bouchon temporel ou de capsule
dépressurisante anti-, de sorte que le jeune homme
précaire dans l'habitacle n'ait pas, avec déjà tous ses
horaires, à devoir ressentir chacun des
centimètres puissamment ainsi ?)
(Laissons-lui le bénéfice du doute
sur son découvert autorisé : il est équipé)


L'ENGIN produisait ce bruit hors d'échelle, rempli de graves, cadeau du spectre tout entier : je décris L'ENGIN : large masse de toutes les fréquences superposées, et par dessus les harmoniques aigües insituables, et même, une variation constante de celles-ci — c'est cela qui était étrange, cette oscillation, cette impossibilité première de fixer dans quelle gamme le « morceau » pouvait bien se « jouer »

C'était plusieurs machines, ajoutées : d'abord, pour faire cette machine, ce « bruits », il faut un moteur de traction puissant, capable de déplacer l'engin et d'en alimenter concurremment l'habitacle trapu, le tableau de bord — et puis il y a tous les mécanismes des brosses montées sur des roulettes, eux-mêmes rétro-éclairés, et les phares éclairant les rails, et puis, il y a les mécanismes des souffleries, et puis les mécanismes des karchers propulsant le liquide glacé par toute une série de propulseurs, je ne sais pas, nombre pair disons, je ne sais pas pourquoi je pense « le liquide était glacé » dans les moindres recoins des rails au centre sur l'avenue, invérifiable, il ne faisait pas si froid, une certitude qui découle de je ne sais quelle accumulation de faits mélangés à des hypothèses, quelles machines à produire des faits disposées à tous les bords imaginables de la phrase produisent cette déduction qui tombe, bloc de fiction aux implications coriaces
(rétrospectivement je pense que c'est la couleur, le métal luisant des rails qui produit cette froideur, cette glace. Idée de bannière pour une manifestation prochaine : « oui à la synesthésie »)
mais surtout donc et par dessus la masse des graves, il y avait les harmoniques changeantes, moirées, variables, le phaser des aigus : et sur cette belle nappe instable, le moindre son autour de moi devenait lui-même, était, venait définitivement se situer, en regard du « spectre complet », mouvant passant très lent dans l'avenue sous lui dénommée Boulevard Chave, et chaque son se positionnait, au niveau du 158, et le son alors produisait, se résolvait en note, précise, se musicalisait, ainsi de suite, musique très littérale, et comme il n'y avait donc pas de gamme de référence mais bien toutes les gammes bouleversées et la masse générale en vibration, chaque note alors déposait son empreinte profonde de note, définitivement pour ainsi dire comme si elle tombait dans le pur silence, résonnait dans l'écrin préservé d'une église romane (au moins) jouée sur le clavier d'un pianoforte (c'est dire), ce fut bon et profond comme une sodomie auditive
J'ai aimé ce moment passionnément je le redis
Nous parlons de musique
Nous ne parlons pas de musique, mais de vibration,
d'exister, de quelque chose comme, à un moment donné
le sentiment de la réalité
dans la seconde

Tasse sur barre métallique une note
tasse sur la table note, pied-carton note, fourchette-
couvercle note, chaise note, note-chaise,
note-grincement de porte, note-position de vie

(voisine remontant l'escalier avec amis : un cluster temporel,
la vibration moyenne de la progression étalée des pas sur deux
ou trois étages vient se placer au fur et à mesure,
remontant l'escalier du moteur mental d'hier nuit)

Matière musicalisée, il doit y avoir un historique des
récits de ce genre au travers du temps, penser
demander à D. Christoffel
(moto déboulant droite ­gauche vite, rappel
fluet du rat-rack essuie-glaces d'hier soir, essuie-lames, lames
de tramway) ce qui est bien avec la poésie,
c'est qu'il n'y a qu'à dire et le tramway passe. J'écoute
(le tramway passe maintenant réellement dans le poème
et simultanément au-dessous de nous sur le boulevard C.), un
fracas pas si transportant que ça, tout dépend de
l'énergie du lecteur, sa disponibilité. La moto avait bien mieux
ébranlé l'édifice il y a 735 secondes, les fenêtres au double-vitrage
bas de gamme laissent passer les reliefs sonores à mesure qu'ils
montent, leur semi-efficacité sélective donne
une image assourdie de cette nuit.

L'image est resserrée les lignes
bien écrites, je vais pouvoir sortir de
ce merdier. Le visage continue à se former. Les
machines impliquées étaient vraiment plusieurs
comme dans ces disques, elles cohabitent souvent si bien
qu'elles se démultiplient
et produisent des pulsations supplémentaires absentes
de la partition et des moteurs, des pulsations qui ne
viennent que de leurs rebonds, seconde après
seconde entre ces murs de l'avenue. Ce que je
conseille toujours, c'est bien sûr de les écouter au casque.
J'ai relu un peu Emmanuel Hocquard, etc. (...)
Du temps a passé. Puis après L'ENGIN est repassé. C'était
plus terne, presque anodin cette fois, ça doit tenir
acoustiquement à des fenêtres qui étaient ouvertes et qui
se sont fermées. Le visage etc. Ce n'est pas tout à fait fini.


Plus d'informations sur Guillaume Fayard :
http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=523

Sam Langer

Cug

Traduction de l'anglais (Australie) :
Samuel Rochery / Antoine Hummel / Sam Langer.


CUG c’est l’histoire de cug, et l’histoire de cug et cug, du début à la fin. Cug, on ne lui connaît pas de système et nous signalerons volontiers ceci, qu’il y a peut-être eu un système ou des systèmes rapportés à cug. Ainsi l’histoire de cug et cug tient davantage du traité, par là-même un traité de dégagement. Dégagement qui est aussi dans cet autre, dont cug, le trou de cug et son flocage vieilli, et le petit blanc de cug, sont juste un souvenir. Et tout de suite, on retourne à l’histoire de cug.

Cug advint, avec un corps incurvé autour d’un trou. Ainsi, le corps de cug était aussi un trou, et un trou entre un trou et un trou. Ce trou, dur et médian : c’est là qu’on a découvert le flocage vieilli d’un rectangle vert usé, sur lequel se tenait petit blanc, debout, saluant d’une main, son chapeau blanc sous l'autre.

Si ce que petit blanc faisait sur un rectangle vert mais usé était de l'ordre du système, nous ne pouvons le dire, dans la mesure où petit blanc ne bougeait que si cug bougeait, et cug ne bougeait que lorsqu’on le bougeait et que cug bougeait. Mais ce qu'il semblait que petit blanc faisait était être plan, conçu pour nettoyer, comme si petit blanc saluait depuis un genre de manière qui serait également conçu pour nettoyer, ou le genre qu'on conçoit quand on veut du propre. Et ainsi le trou médian tenait bien, et petit blanc inspirait repos et paix, en vigilance dans les distances du troisième trou depuis le rectangle vert.

Le trou médian de cug était un trou qui tenait bien, se rencontrant lui-même en ce qu'il se tenait entre les deux autres trous. Raison pour laquelle on pense que le flocage vieilli a suscité petit blanc qui signifiait plan.

Il est possible que le trou médian de cug se rencontrant lui-même fît partie du système de plan mis au point par cug, mais rien n’était moins sûr de là où nous étions, investiguant, au fond du troisième trou du souvenir. Et peut-être que lorsque saisissant cug d’une pleine main, et couvrant petit blanc au milieu – tout en sachant que le milieu susciterait petit blanc dès que nous retirerions la main – il se peut que l’histoire et le système de cug consistassent dans l'indifférence d'apposer ou non une main et ne se reconnussent pas, hormis que, quoi qui fusse saisi à plein par notre main, il ne s'agissait pas de notre main. Car cug était, désormais et pour toujours, très dramatiquement pas nous, chose que (nous aurions du le mentionner auparavant) nous avions toujours su, bien avant que de tendre la main ou de saisir quelque chose d'elle à plein.

Ainsi fut le trou de cug achevé, le trou que le corps-trou médian de cug incurvait, et qu'on admettait exceptionnellement au registre du dégagement. Car en réalité, avant que l’histoire de cug ne s'achève, nous devons aborder le dégagement, qui constitue la chose la plus importante pour tout ce qui concerne la licence, la mémoire, le système et le mouvement de cug.

De très nombreux trous médians se sont rencontrés aux endroits du dégagement. À l'endroit du dégagement fut faite et donnée la licence, licence au dégagement de nettoyer ces endroits et de les changer en voies dégagées entre lesquelles les trous médians puissent être durs et prendre place, circulant librement dans leur plan, repos, paix, système et mémoire. Mais ce genre de dégagement n'est plus le sujet de l’histoire de cug ; ce pourrait être un des sujets du traité de cug lorsque cug en aura obtenu la licence. Mais toute la question de la licence est contenue dans l’autre, et nous voilà de petit blanc oublieux, que le flocage vieilli suscite à nouveau. Fin.


Le texte est extrait de "CUG A PART", lisible en version originale à cette adresse : https://typischeak.files.wordpress.com/2015/03/cug-a-part.pdf

Samuel Rochery

Discours sur les poissons éventuellement

A-yo, A-yo,
I heard you ridin' with the same tall, tall tale
Tellin' em you made some
Sayin' you runnin' but you ain't goin' nowhere.


- Azealia Banks, "212".


I. Cheval, bourrique

Tous les discours
du monde sur un cheval ou
une bourrique
sont encore trop construits
sur le besoin d’évasion.

Tu te fais une espèce de malle.
Au galop expressif du Stop.


II. Viande

C’est comme croire très fort
qu’une viande dans le conte
te prendrait par surprise –

ou bien :

« finalement

(ça vous crèvera
la feuille plein’d
e signes un de ces jours),

c’est la même culture
pour tout le bétail »

->

amen ! (i. e. :
« mouf !
quitte ça ! »)


III. Cheval, bourrique, voiture

« J’aime un cheval quand il est sans culture,
ma bourrique lumineuse hors-
langage » -

faire cet amour-là
n’a de sens
qu’à partir d’une caisse tunée –

les vitres
d’une grammaire réelle (de Porsche Cayman tunée
comme d’Austin
Mini tunée) sont bien remontées.

Et toutes les malles venteuses du monde
n’y peuvent rien.


IV. Trou

Encore :

« Je voulais voir le cul de la langue » -

ce trou du monde est
originairement
mort.


V. Cheval, bourrique, voiture

Pardon, mais :

« Le cheval
complètement dehors
cogne. »

Ou :

« Tout sauf le mot cheval / bourrique / voiture, cogne ! »

(Sous-entendu :
« Au final,
au Grand Final Universel Dépareillé,
m’sieur. »)

The fuckin’ Wide Open, man –
dit l’approx. béni-oui-Rilke.


VI. Mur

Contre-pardon : « On ne se cogne pas la tête
de la même façon contre un mur
en japonais et en français » (hypo-
thèse Merleau-Ponty).

Cette hypothèse veut dire que
les gens se cognent la tête partout
en plusieurs langues décapantes.


VII. Viande, tête.

Conclusion provisoire, ou
ta-dam mitigé :

« Les gens ne se font pas
la malle universelle
dans la Tête-Qui-Ne-Parle-A-Personne. »

Ou alors :

« Soyez têtus dans vos viandes chercheuses :
ne finissez rien de ce que vous êtes. »


VIII. Poissons, tiens

Addendum
sans respect
de la structure générale :

« Le poème bien poreux
est
du flux en boi(î)te. »

Le parc aquatique réel ressemble
à ton gravillon entre virgules,
et dire l’inverse – ma foi, ça ne marche

ni ne
nage.


Plus d'infos sur Samuel Rochery : http://samuelrochery.srwebworks.com

Gilles Furtwängler

Houhouhou

Aujourd’hui j'ai acheté de l'après-shampoing.
Les vacances, ça me réussit pas, je grossis.
Je me sens plutôt Apache.
Litchi.

J'apprécie que l'on me dise ce que l'on attend de moi.

Fesses.
Cheyenne.
Je vais te masser.
On est réfugié dans la nostalgie.

On survole des champs de blé.
L'esprit d'équipe, c'est une force.
Je ronge mon os.
Je mange des merguez.
Va clouer.

D'antan.
Brutal.
Fesses.
Obscurité.

Salut Paysan.

9 mm, lapis-lazuli, ambre.
Obus de mortier figues fraîches.
Détente, 12 mm, frottement, romarin.
Du bois.
Du feu.
J’ai envie de changer.
Cheyenne.
Émeraude, perles.
Ossements, tête tranchée.
Main, pied.
Ongle, yeux.
Menton, nombril.
Mollet, phalange.
Défonce, défonce, défonce.
Coupable, jamais.
Boire, boire, boire, boire, boire, boire.
Couché, debout, couché, debout, couché.
Dépressif jamais.
Boire, boire, Action, Attente, Action, Attente, Action, Attente.
Boire, boire, boire, boire, boire, boire, boire, boire, boire, boire.

(septembre 2011)


Le site de Gilles Furtwängler : http://gillesfurtwangler.blogspot.fr

Hugo Pernet

Montagne

appuyer sur
des boutons

déclencher des trucs

ainsi l'amour vit en dehors de nous
se dépose en dessous

est-ce écrit

ils entrent
dans ton cœur

-

Par inspiration, on entendra « se mettre dans l'ambiance ». Les phrases qui se forment sont des nuages. Elles ne sont pas comme des nuages. Je ne suis pas capable de vous expliquer ça, ni de me l'expliquer à moi-même.

-

Les montagnes sont creuses. Tous les objets avec lesquels nous vivons ont étés trouvés là. Revendus dans les supermarchés. Si rien n'est vrai, tout n'est pas pour autant complètement faux. Qu'est-ce qui fait qu'un bébé s'endort, ou parle notre langue ? Il faut vivre avec ça. Que font ces mots ensemble, à cet endroit du texte ? On fait de la publicité.

-

La géométrie n'existe pas dans la nature. Ou plutôt si, elle existe, mais alors ce n'est pas de la géométrie : c'est la nature. C'est la même chose pour les métaphores. Les rapaces ne décrivent pas des cercles au-dessus de leur territoire.


Le site d'Hugo Pernet : http://hugopernet.com/

Buffon 2.0

Discours sur le style de Google Translation

[Extrait de Discours sur le style (1753), de Buffon, traduit par google en anglais, puis de l'anglais en allemand, de l'allemand en italien, de l'italien en néerlandais, du néerlandais en français - il y a peut-être des étapes oubliées dans la boucle ]

Vous avez rempli pour en haut de l'honneur qui le l'appelait ; mais la Gloire n'est pas bien que combien de nous sont dignes, et je ne me persuade pas que quelques essais écrits sans art et un autre ornement de I que celui de la nature ils est tito suffisants pour oser se produire entre les maîtres de l'art, les hommes éminents qui représentent ici splendeur littéraire de la France, et qui nommes, il vous tient de la voix des nations, echeggieranno immeuble avec ils éblouissent dans la bouche de nos petits-fils passés aujourd'hui. Vous avez eu, gentlteman, d'autres raisons qui lançaient les yeux en moi ; vous avez intentionnel donné à la société célèbre à celui qui ai l'honneur pendant beaucoup de temps à appartenir un nouvel échantillon de la considération : ma reconnaissance, bien que l'uniforme, ils nous ne soit pas moins vivant. Je dois, ils getlteman, lui offrir seulement son bon : ils sont quelques idées dans le style, dont qui ai atteint dans ses travaux ; ils est lecture, il les admire qui ont été conçu ; il les tient à ses lumières qui sont produit avec quelques succès. Il était dans toutes les fois des hommes qu'ils savaient pour ordonner avec les autres par l'énergie du mot. Il est toutefois seulement dans les siècles clarifiés qu'un a écrits et parlé ou ou. L'éloquence vraie suppose l'exercice du génie et la culture de l'alcool. Il est absolument différent de cette facilité naturelle de parler, qui est seulement un talent, une qualité accordée tous ceux que des passions sont des forts, les corps flexibles et l'imagination tôt. Ces hommes sentent hautement, on affecte la même manière, ils le marquent fortement avec l'extérieur ; et, par une impression purement mécanique, ils transmettent l'autre à son enthousiasme et à son affection. En fait le corps parle avec le corps ; tous les mouvements, tous les échantillons, contribuent aussi et sont utiles. Quel est le mouvement nécessaire la multiplicité et de impliquer ? Quel est le choc nécessaire la majorité y compris d'autres hommes et de persuader ? Les gestes véhéments du ton, expressifs et fréquents, mots ayunan et le sonar. La tête est ferme le goût sensible et la direction exquise, et qui, comme vous, messrs, le compte pour peu le ton, les gestes et le son inutile des mots, une a besoin des choses, pensées, raisons ; il est nécessaire de savoir pour les présenter, il les modère, il les demande : il n'est pas assez pour pousser l'audition et pour occuper les yeux ; il est nécessaire d'agir le coeur et de toucher le coeur tandis qu'il parle avec l'alcool. Le style est seulement l'ordre et le mouvement qu'un met dans ses pensées. Si sont relié détroit, s'ils sont serrés, le style se transforme en signature, nerveux et succinct ; si un leur laisse suivre un autre lentement et rejoindre seulement aux mots de la faveur, un certain élégant qu'il est, style sera diffus, paresseusement et être entraîné. Mais, regarder avant l'ordre dans lequel on présentera ses pensées, il est forcé de faire autre plus généralement bien plus qu’un fikchirovannoye un, où seulement d'abord certains doivent entrer après qu'ils ils des ideias soient vus et de chapitres : il marque son endroit sur ce premier plan qu'une question sera limitée, et que l'avancement là sera znano à lui ; rappeler incessamment ces premiers lineamentos causera correctement des intervalles qu'ils séparent des ideias de chapitres, et qui ceci des ideias soutenus par volonté l'équipement accessoire et la moyenne qui seront service pour la remplir. Pour le g?nio d'effort, pour représenter tout généralement et spécifiquement ideias sous son vraiment point de vue ; pour la grande douceur du discernement, on distinguera des pensées stériles des pensées fertiles ; sagacit ? qu'il donne la grande habitude pour l'écriture, se sentira pour être avancé qui sera le produit de toutes les activités de l'esprit. Pour plus qu’obshirnogo Subzhecht Plus étendu. l'un ou l'autre complique, il de la meilleure manière rarement qu'il dans la totalité une une il est possible d'embrasser à elle les souffles de l'oeil, ou a été coupé le premier l’effort e là sera silence rare après que beaucoup de réflexions appréhendent tous les rapports. Il peut après qu'il il soit exagéré donc afin de s'engager ; _ pour être xactement seulement demi pour renforcer, agrandir et créer sa pensée : à plus d'élasticité à eux -. ? des substances et des efforts pour la méditation, plus grands ils seront au seguidamente de poumons, il est quel nécessaire de s'étendre par eux pour l'expression. Ce plan pas sera toujours dactylographient, mais ce sera base ; il le soutient, dirige il, il règle son mouvement et il lui présente ses lois ; sans celui, l'auteur meilleur vole, son par fait une promenade sans crochet de guide, et commence aux voies de l'aventure irrégulièrement et des figures divergentes _ au sujet du brillant qui pour être une couleur que, est quel nécessaire d'employer, au sujet de la beauté qu'afin de semer le détail comme sotryastit de raccordement 'ou ne pas devenir pour ne pas se sentir, l'exécution, il est quel nécessaire de ne pas être de ne pas construire ; on suspectera e, l'esprit de l'auteur, Il pour cette raison que certains ils écrivent proportionnellement à eux ils parlent, néanmoins parlent de la meilleure manière très, ILS ECRIVENT LE PLOKH ceux si nous de sorte que premier sgorite de congé son imagination afin d'accepter un votre ce ils pour ne pas mettre en boîte de soutenir ; _ ceux à la crainte afin de perdre la pensée afin d'isoler, les fugitifs, et qui pour écrire différemment la partie du temps pour ne pas ne jamais se diviser, rassemblée sans transition afin de forcer ; le mot, pour avoir autant exécution un fait là a demandé le rapport, et si ce, était quel nécessaire d'être fondus indépendamment pour quelques 4 il jaillit dehors. Toutefois, est-il tout le sujet ? et, partiel de paire en paire qui est, il peut être inclus dans un discours seulement. Les interruptions, vous serez reposée, les départements, ne sera pas supposée que c'est l'utilisation malgré quand il maniera les divers sujets, ou tandis que, avoir pour parle grand, épineux et les choses dissemblables, le cours de l'alcool chômeur de la multiplicité se trouve d'obstacles, et cela est forcé par la nécessité de circonstances : si non, le grand numéro de l'échine des départements, qui retourne un travail plus solide, ont détruit à assemblée ? nettoyage dans les yeux est la reservación présentée plus, mais l'intention de l'auteur est encore cachée ? il ne peut pas faire l'impression dans l'alcool du lecteur, il ne peut pas en fait se convertit pour sentir défi de la continuité du fil de spirale, de la dépendance du harmonique d'idées, d'une croissance successive, d'une gradation du soutenue, un mouvement uniforme qui toute l'interruption ou marques derrita. Le pourquoi le travail de la nature est si est-il parfait ? Est que le kàc un travail est total ? et que travaille-t-il un plan éternel que n'enlève-t-il jamais ? prépare-t-il dans le quietness les microbes de ses producteurs ? décrit-il à partir de l'un que distinguo l'action la manière primitive tout le ktre vivant ? ceci se convertit, celui-ci perfectionne d'un mouvement continu et dans des ajustements d'une année. Le kataplissei du travail ? mais les caractérisations que si à à nous il poussent est l'impression divine de de cela est divulguées. Ne peut pas l'alcool du humain quelque chose créer ? ne produira-t-il pas que par la suite gonjmopojicej 'de l'expérience et de la méditation ? sa connaissance est les microbes de ses producteurs : mais s'il imiter à l'intérieur nature dans son cours et dans son travail, s'il être de lever par dessin dans caymasiotis vérité si aytoes il monter si aytoes il relier, s'il former total, système réflexion, il établir en fondation.











Le poème perdu

Poème ninja (hidden track)

Parfois,
les poèmes
sont furtifs.

Et hop.










Ce troisième numéro de Watts
a été achevé de coder
le 2 novembre 2015,
sur l'ordinateur de Robert Watts.