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#27

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Rouleau d'écran de poésie
sous économie d'énergie
#27 • 03/21






Lisa jarnot

Le bacon de tous (les corps)

Traduit de l'anglais (USA) par Simon Brown



  En mangeant des carottes     je suis heureuse
je ne porte pas de culottesj’aime la pizzaje pense tout le temps aux guppys

     pâle peluche faon de ces premières fèves
     d’hiver des mille paysans de Georges V
     de ces belles-de-jour de ces pêchers
     de ces pluies de ces inondations

pas un gibbon    pas un gorille    juste une nouvelle lune
     insoumise en gribouillis   où le soleil s’emmerde je t’emmerde –
         pauvre oiseau de nuit
          agératine élevée –

   le bol du chat vide place les étoiles dans le ciel.

     Je suis buveuse discrète, cycliste timide,
     jardinière correcte, je suis une maman déguisée en papa,
     une tasse ornante, un bourgeon affamé,
     un nodule hypo-épique d’origine occulte

j’affiche neuf réserves sur l’étalement urbain

               peux-tu croire que c’est une très belle maison ici
               avec des jouets, des papillons, des tasses –


     pauvre demi-lune dans le ciel

       joyeuse et intrépide

    avec des moines pas des macaques

       vers la veille d’un pique-nique d’arbres

     du lapin Tyrone et son Rougelet aux fraises

Une rouille Enzo Sahashra en étui de peau de loutre schnoque solstice, regardez donc ce bel enfant luisant dans la nuit noire, pour un petit art, pour les églises saxonnes, légèreté méfiante, optimisme nerveux, une affaire de péteux, le mastodonte de Peale, trouver le train vers Cockfosters, la fumée du foyer, le pain, les orties, les étourneaux qui mangent du vomi, l’exemple de la poète poupée, une autre cocotte écrasée, les chameaux des trois mages, le mot « guimauve » dans un rêve, se souvenir du pénis à Pierre, des cendres à Sandy, et de Paul Revere.

    Dans la guerre j’ai fait une grotte céleste, une grosse tremblote,
    un portrait Woippy- Liverpool, un guide annuel des maladies juives
    héréditaires,

    dans la guerre j’ai fait un cancer en sourire des fesses femme
    pop de l’avènement lapin total, des corbeaux
    dans le labyrinthe du rabbin,

        dire crêpes, carottes, et fous furieux,

          mauviettes singe mauve,

           des retrouvailles messaline,


      saluer la première œuvre d’art autonome de l’équinoxe


          écrire boule bonbon à la con,
          pas à la façon du crabe,
          pas à la façon du poulpe,
          pas à la façon de l’avocat,

          des étourneaux en plein vol (dans un rêve)

       avec les poules
       ils ont fait
       une grotte céleste

          avec l’Anubis du Dr Bragg,
          avec maïs, rames, miel,
          et la porte ouverte,

       écrire boule bonbon à la con,
       geai bleu camomille,

       et des néanderthaliens intolerants au lactose

   de le laver avec du pain grillé, une chanson à glacer le sang du héros parc boisé Ed consigne branche conque salami vaisseau pirate – je vois leurs petites lanternes, je dis leur petit glissement, j’aime ça faire des trips faire sortir des arcs-en-ciel de ma bouche je suis enceinte de cochons d’Inde de hamsters d’arbres,

   et quand le miel monte,
   on fabrique des souliers mielleux,
   une Valachie de Wilkinson miaulant,

   je vais m’aligner dans la phrase, gaiement, tirs croisés, quand j’étais grande comme je suis, je lis « anéantissement » pour « nantissement », des cigarettes, des roses, et du caca, « Jamaïque » pour « judaïque », Richard le pillard au Walnut Room,

   je vois la masse d’éjection coronaire des anciens, de leur helléborisme, de mon oiseau Fred, de Henry Needham, charpentier, de Petrinkus le ouaouaron, du premier posseq de sa génération,

   je vais m’aligner dans la phrase de ce véhiculeux esseulé, un jour qui penche vers la nuit, une cacophonie solsticiale des pêches, des hortensias, des abeilles,

          une Vanya, ô,
          une Anca Tudor,
          un sort de princesse presto magique.



Le bacon de tous (les corps) est une traduction de EVERY BODY’S BACON, une suite poétique extraite de A PRINCESS MAGIC PRESTO SPELL (Flood Editions, 2019).




Alexandra Zavrajni

Pas le temps



1.

Votre vie a commencé par un gros mot.

Les dieuses furent des millions
de doigts coupés casant
bêtes, hommes et femmes
dans des noms de diagnostic ;

des histoires sans dénouement
s’entremêlaient dans un jardin.

On a la bouche qui
s’imagine un vortex, et toujours
celle dont on hérite.


2.

On dit qu'un boa
a vendu la toute première
golden du monde
pour une bouchée de pain
à la sauvette entre des aulnes,
des chênes et des pêchés – à un autre boa.

On dit que ça n'avançait à rien.


3.

Avant la construction du centre commerciel,
la vente des pommes, la magouille
des boas et des dieuses,
nous prononcions des horreurs sans les imaginer.

Nous avions un appétit certain
pour la tante
de Sion – c'est ce qu'il ressort
de nos plaintes actuelles.


4.

Les hommes et les femmes se monteraient
dessus par lassitude.


5.

Avant que ne soit posée la première
brique du domicile,
il y avait une brise
dans les parois.

Il y a une promesse non tenue
déguisée en bouteille à la mer
dans n’importe
quelle genèse d’aujourd’hui.





Amy Lawless

Mon thérapeute



Traduit de l'anglais (USA) par Samuel Rochery



J’ai dit à mon ami
pourquoi je ne voyais pas de thérapeute :
je mentirais à n’importe quel thérapeute et j’ajusterais mes
problèmes en fonction
de ce que je crois que le thérapeute veut entendre

Il m’a dit que ça signifiait
que j’étais folle et que j’avais vraiment besoin d’aller voir un thérapeute.

Je ne vais pas discuter là-dessus.

Je donne un nom à une nouvelle sorte de thérapie :
Silence de la Nuit

Le bruit que fait un sac en plastique
lorsqu’il vient se coller contre ma cuisse
tandis que je rentre chez moi depuis la bodega

Quand je rentre chez moi, la thérapie c’est le plafond rosé après
avoir allumé ma lampe de sel himalayenne

Saviez-vous que Freud
n’a jamais dit que les irlandais étaient hermétiques
à la psychanalyse ? C’est plutôt quelque chose
qui a circulé et circulé
sans attribution
pour finalement faire son entrée dans le film de Martin Scorsese
Les affranchis
et maintenant tout le monde pense que c’est vrai
Mais non

Allez,
tu y as été

À quatre heures du matin
ne trouvant pas le sommeil j’ai fait un quizz en ligne
et le résultat c’est que
je suis une démone
de la nuit.

Je lis les mêmes poèmes d’Elisabeth Bishop
jusqu’à ce que je puisse tenir l’almanach entre mes mains
ou avoir le goût des larmes noires*
ou sentir le vieux papier peint ou voir un geste
que j’aime**

Les gens se promènent autour de moi avec des prénoms comme Mike, Dave, Elliot, Jose, Keith, et ça va. Ça va très bien.

Je suis une américaine.
Je chie comme le pape.

Ça va bien.

Je fais bondir les idées
hors du silence
je leur parle et il n’y a pas
de réponse, ce qui en l’occurrence constitue leur
propre manière de répondre.

Le silence est un message
que j’écoute.



* L'almanach et les larmes noires font référence au poème d'Elisabeth Bishop, "Sextine." (Ndt.)
** Le vieux papier peint fait référence au poème "The fish" et un geste que j'aime au poème intitulé "L'art." (Ndt.)

Poème paru dans la revue The inquisitive eater.




Myriam Brunelle

parcourir revue et sang et cœur et muscle et
glisser sur cime aorte-crevasse tendre et trembler
amidon espace ou peau une serpillère dessine
Mars au plafond à observer soleil ou lune ou
lampadaire et les cils gelés et la fonte des glaces


*


je dors la fenêtre légèrement ouverte
laisse l’hiver stalker les traîneries du vivant
au fait j’achète toujours la version 20mg
et croque pour faire 10mg et laisse reposer
la partie où meurt un bout de salive
et referme la fenêtre et l’hiver se couche
au creux d’un banal whippet


*


je fais comme le chat je fixe le vers
à croquer dans l’oiseau du soulier verni
il y a un moteur à l’intérieur du coffre à gant
un moteur grand comme ma main
le chauffage craque parfois on pleure
et les parois descendent aux sillons
c’est un remède sans queue ni tête


*


chemin faisant se faire et de peau et de mort à venir
je dérive lentement aux os de briques rouges quitte
la partition close des anévrismes parfois la perte
est un feu à foison j’entends l’essoufflement du gosier
et roule en boule dans le paratonnerre des enrhumés


*


on admire les racoins du digeste
les poulaillers à foison je tourne
sur moi-même pour creuser
la floraison nocturne des artichauts
le cactus aura sa fleur et la fenêtre
un chat siamois à ne pas échapper


*


l’oreille couchée ravin froisse un possible
retient le sillon des jachères étoilées larve
j’étends du linge on va à la pisciculture il y a
des images à courbe fixe le temps décore
un poisson j’embrasse les toux à crever un os


*


plus rien aux aguets la peau sous les pieds
craque m’emballe dans le langage médical
on dit immense nageoire compensée j’écris
plus vite que le plantain l’ombre et son Roundup
j’ai le luxe des fenêtres arrachées
est-ce que la tête tiendra le cou


*


ne pas choir dans le carrelage froid
simple étoffe l’encolure du gouffre
épuise le savon épuise les risques
la maison n’a pas lieu je voudrais
me fondre aux rivières murmurées
qui égrainent les duretés de la matière


*


les corps grouillent au nombre se cachent s’exposent
insuffisants pour la jambe lisse sur le rebord pissée
debout de tout ce qui meure en nous à répétition
debout dans le box de départ des neiges jonchées
décembre on reste sur son objet le soleil
est une mesure d’austérité




Aurélien Mazeau

Mi_NI_MAL (3)













Samuel Rochery

Ecris-moi un vrai poème (politique)



"Attention chérie ça va couper !"
— Les Nuls, La cité de la Peur, 1994.


1.

Sauf erreur, Boynami Premier est le premier
des poètes à s’être vraiment posé
la question
du commandement
dans les rapports qu’entretiennent
les poètes vivant dans une société
dont Poésie forme – si elle peut exister –
l’ensemble des lois.

Sa thèse est la suivante.

Là où il y a des commandements – ex. :
« je t’ordonne, poète,
de m’enlever des murs de ta chambre
tous ces posters
de Poésie Expérimentale » – le rapport
entre celui qui commande
et celui qui obéit
doit être fondé
sur la justice
et l’équité.

Autrement dit, l’autorité qui
accompagne la loi poétique – laquelle dessine
le cadre à l’intérieur duquel
vous habitez en poète
dans la poésie des poètes
qui font le bien du poème
dans le monde des poètes
qui sont comme tout le monde
mais plus que les autres –
n’est pas fondée
sur la loi elle-même.

S’il y a obligation d’obéir
à une loi instituée,
cette obligation ne peut
provenir de la
nature de la loi elle-même – c’est
une loi comme une autre.

L’obligation ne peut être fondée
que sur la Justice Naturelle du Poème –
le naturel s’opposant ici à l’institution d’une poésie des poèmes.

Pour qu’un ordre ait valeur
d’obligation
il faut que le rapport
entre commandé (poète du Dimanche)
et commandant (poète Souverain)
soit juste.

Il n’y a pas de loi poétique qui oblige
en elle-même
le poète à pondre
un vrai poème du Lundi.



2.


« L’obligation à faire
un vrai bon poème repose
sur un Bien Objectif
du Poème, non sur des règles » (Traité de poésie naturelle, p. 28).

Comment distinguer
le commandement du Poète Souverain
du commandement du Poète Imposteur ?
Facile :
le commandement
de Poème du Souverain
est légitime
alors que
le commandement de Poème de l’Imposteur
ne l’est pas.

Le P. S. tient sa légitimité
de la Justice Naturelle du Poème.

Vous devez lui obéir parce qu’il porte
la Voix du Bien pour tout le monde ;

le moindre de ses phonèmes devrait suffire
à vous écarter des chanteurs qui se la pètent.



3. (Reprise de la thèse, par Klensuni Le Jeune)


Dans La norme antépoétique,
Klensuni le Jeune reprend
la question
du commandement à sortir
de la poésie du Dimanche
« le plus simplement
du monde »,

comme on va le voir.

La vraie question de la poésie
en régime civil (le contraire
d’un régime de « salade lyrique »)
est la suivante :

est-ce que deux normes
peuvent se contredire ?


Réponse : non.
On ne peut pas imposer
deux conduites de poème
contradictoires simultanément :

Ouvre ton cœur, mais ferme-le.

Oh, c’est sûrement « beau »,
ironise Klensuni (La norme
antépoétique,
p. 45), mais
en tant que Poètes Politiques
nous devons décider qu'il y a là
un ordre
qui est vraiment une norme,
l’autre
non (il est seulement
un ordre.)
Autrement dit :
une norme ne peut pas
se contredire.
S’il existe
des normes naturelles
de justice poétique (supra-civiles)
alors, seuls les commandements
conformes
à la norme supra-civile
sont des normes
(des raisons d’obéir).

Problème :
il y a, de fait, autant
de natures poétiques supra-civiles
qu’il y a de morales et de maisons.



4. (Résumons)


1) Un système de poésie possède
une propriété essentielle :
il indique quelle est la loi poétique civile.
Il doit donc exister une norme
poétique fondamentale
qui fait qu’un commandement à écrire
un vrai poème pour le bien de tout le monde
ait valeur
d’obligation.
Si une telle norme doit servir
à l’identification des lois valides,
elle doit être une.
Or, DE FAIT, il existe
plusieurs normes
de justice poétique (le Bien
de l’activiste parnassien
n’est pas le Bien
du dadaïste retiré).
Ces normes plurielles
ne peuvent pas
conférer valeur d’obligation
à un commandement.

2) On ne peut pas déduire
de simples faits poétiques
des normes de poésie.
De ce qu’on m’ordonne (c’est un fait) de sortir
de ma Poésie du Dimanche
je ne peux pas déduire
que j’en ai l’obligation.

Je pourrais passer
de « poète »
au devoir d’être un vrai poète (du Lundi,
pas du Dimanche)
si j’avais cette règle :

tous les poètes doivent être des vrais.

Or, un commandement est un simple fait.
Il faut donc
une norme
supplémentaire.

a) Je t'ordonne
de faire un vrai poème,
et b) tu dois y obéir

– Hé ! La norme supplémentaire
a déjà pris la forme
d’un ordre !
Qu’est-ce qui justifie un

Tu dois obéir
quand je t’ordonne
de le faire


?



5.


En toute logique, Klensuni
fut amené à défendre l’idée
d’une norme de poésie
non-posée (anhypothétique).

Ici, Boynami P. :

Mais, n’est-ce pas
ce que j’ai appelé
la Justice Naturelle du Poème ?

Non, impossible, répliqua
Klensuni Le Jeune (en imaginant qu’ici
les livres gentiment se fightent).
Car il faudrait encore justifier
que cette bouche morale
est légitime. Et si le dieu
de la justice des poèmes
donnait un ordre,
il faudrait encore qu’il justifie
cet ordre
d’une norme
antépoétique.

Ce qui distingue
la norme antépoétique
de la norme de Justice Naturelle du Poème,
c’est qu’elle n’est pas posée.

Elle est purement formelle :
"vous devez obéir."

L’existence du Droit Positif de Poésie réclame
qu’il n’y ait
qu’une seule norme,
sans quoi :
pas d’obligation – et nous devrons admettre
que la poésie n'existe pas.

Ainsi fut pensée
la Forme du Poème
en tant que
Norme Fondamentale
contre toute
nature
poétique.



(...)




émilien Chesnot

La préparation du week-end



Hello j’  ai    commandé

chez ça  que    Serge     et

Evelyne ont   bouché    bises

ont lu   :    j’    ai      réservé

complet  ce    soir     alors

tu restes   bien

habituel  à    te    joindre






et oui   Petit    fondant     !

le thé   s’   accompagne     bien

pour te  faire    venir    j’      ai       cuit

toute la   cuisine    ça     sent

le danger   de    l’    Alarme

est qu’  elle    reste     et      je       rentre

sans jardin  ni    Appel






merci de   me    répondre     !

gros Blocage  à   vide

euh

Bisous

lire  :   Vite






hello géolocalisation

la fabrique   encore    rêvée

comme comment  qu’   on    utilise

la possibilité

qu’ une   altérité    phrase

un aqueduc  tu   veux    dire     ?






hello géolocalisation

sur ces   mains    j’     ai      mis

du poids  prise    à     pleins      tubes       réfractaires

repose twa   veux    tu

deviner pas   passer

dépasser quel   quinzième    parallèle






aïe le   sang    Lacoste     TN©      ou       quoi

en attendant   le    début     du      Panama       bien

où j’  appuie   dans     de      la       Clémentine

tu sais   ?    le    petit     velouté

l’ étrange   Purée    que     tu      supposes

( te   voyant    la     supposer      )


au soleil  tu    t’     Annonces

côté Gauche   et    t’    effaces






ma Loupe   Masochiste

produit des   détails

parmi les   gravats






désolée pas   dispo

moi je   ferai    Tête-Temps

avec saucisse   allègre   ok

je comprends   Non    désolé

moi j’   adore   ton    sérieux

mais Si   déjà    je     veux

des facilités   à    dire     d’     accord






t’ occupes

que je   suis    parti     choper

c’ était   vous    dormiez     tous

Hello le   masque    oblige

à être  est    à     1      heure       avec

qui arrive   arrivera    cool






niquées oui  tordues    non

niquées oui   tordues    NON






Salut elle   met    un     gant

qui duvète   au    dessus     de      Ta       Bouche

je suis   parti   sans    montage

à toute  Information    :

te chercher   déposer    un     peu      plus

de 2   heures    au    boulevard      et       tu        sonnes






voulez vous   faire événement    moi     non






bonjour à   la    gare

du week-end   fournirez    dimanche     soir

sachant ne   briser    que     les      propositions

ne tarderont   pas    à     fraîchir      bises

les charges les   photos    c’     est      bon

et vous  avec   on     fera      attention






pensez bien  à    prendre

ou qu’  il    revienne    pour      Nous

deux sacs   pleins    et     le      reste

feront trente   et    demie

dès la   nuit    ça     s’     Arrache

le reste   fera    la     suite






ça se   pose    comme     question      ?

le Premier   ça    se     Pose      ?

le dernier

qui fera   attention    de     passage

je l’   aurai   prévenu     souhaiterait

Saint-Malo ou  j’   espère

que la   Pression    soit     bue






les jours   s’    en     vont

je demeure   la   famille




Guillaume Dorvillé

Camembert Thérapie



Foudroyé
T'as le cœur qui rétrécit
et qui disparaît dans un rayon
de lumière

Tu crains un peu toutes les fois
où tu réchappes à la mort

Tu montes les barreaux de l'échelle
et au milieu tu te mets à
siffler
Tu sors ton oiseau
et tu te mets à pisser

Tu claques vite fait
tu reviens à toi
Tu meurs tranquille
Tu remets une bûche dans la
cheminée
Un début de guerre nucléaire
Ça va j'ai le temps
Du beurre sur du camembert
Des clopes sur du gruyère
Ça va j'ai le temps

Tout va trop vite et
tout va lentement
Chaque jour est un sursis
et c'est trop souvent
qu'on se fait chier
à cent sous de l'heure
Ouais à cent sous de l'heure

Je sais que t'as pas peur
Ouais je sais que t'as pas peur
car moi non plus j'ai pas peur
Ouais j'ai pas peur
Toi et moi on est déjà mort une fois
plus d'une fois pour toi
Nous on en finit pas de mourir
c'est pour ça qu'y a des fois
tu remettais du beurre
tu tapissais de beurre
ton vieux bras
ouais
c'est comme ça que je le vois













Ce vingt-septième numéro de Watts
a été achevé de coder
le 4 mars 2021,
sur l'ordinateur de Robert Watts.