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#26

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Rouleau d'écran de poésie
sous économie d'énergie
#26 • 11/20






Giao David

Un poème très utile pour y mettre des trucs



Ce poème, ancêtre du pot,
me semble très utile
pour y mettre des trucs.



Quelque chose sans laquelle j’aurais pu
vivre ne pouvait pas vivre sans moi.



J’envie la boule de démolition, rassasiée
de gravats.



L’état de mon système digestif
pose toujours problème.



Ton curry, tu veux qu’il arrache comment ?



On dirait presque que tu t’en fous.



---



Tu n'auras rien
du pactole, à moins
d’être
une chienne d’attaque, une chienne enragée,
une chienne de combat.



La grange de 250 ans, toujours d’aplomb sous la pluie.

Observe la fourmi, débarrasse-toi des antibiotiques !



---



Une bougie apparaît pour
    t’éclairer –



puisque tu cherches quelque chose, ne prends pas
    la boule aussi vite.




Myriam Brunelle

Poèmes





m’arrache des guêpes que je tais dans l’aine
et c’est à recommencer on rétrécit le sein
le fait entrer dans l’ongle l’opaque ou le joui
ma chauve de digestion rapide fait
les condoléances du corps
on déplie dans les strapontins







nous mordons dans les dents
de ce qui renifle les longs jours
la longue pluie tout le comptoir
pour hacher sa viande se faire
un trou dit-on et puis reprend
la terre dans l’espace tombé
la sirène fraie l’année fuit au jour
exacte la frayeur a l’odeur
d’un papier trop bien rangé







je ne joue pas avec la langue je prends
des détours reviens à la case départ
ça ressemble au store qui ne plisse pas
qui prend soleil d’un côté mort de l’autre







la nuit géante cousue à sa sueur
je me réveille avec l’aplat des mots
et regarde les boites et entrouvre
une coque pour le déferlement
ou grésillement de la matière parmi







un corps. plusieurs os. plusieurs lieux. plusieurs temps.







on procède à l'acquisition
d'un nouveau portefeuille
dans les couches de bébé
Caillou soutient ses
équipes de ventes Arthur
joue aux legos avec
un important client
deal or no deal
les cric crac croc
sont trois pour le prix d'un







ces mécaniques qui ont
tes étranges froids
dans leur moelle







qui sonne aux jappes et fuites de fin fond
vois une falaise les dents ou simplement la boue
dévisse tête et flanche calorifère des angles morts
le pain la mie et les relevés c’est sonné trois fois
assise et roulée et revue ce qui fait gorge
qui succède s’empile à la dissolution







chaque mot compte dans un poème dit-on. puis on cherche ses clés au fond de son sac pour rentrer chez soi on les trouve plus on trouve juste une ou deux cartes de crédit bien remplies qui servent de signets au livre qu’on n’écrira pas.







parfois la ouate des orangs-outans forment
des divans en L parfois on désintègre
l’atmosphère en entrant dans le centre d’achats
faisons des gâteaux avec du miel encastrons
nos abeilles un paquebot un sous-titre







polaroïd bouche synthétique je marche
crachats engloutis paysages calfeutrés
c’est une plaie gorge jaunie du verre qui assoiffe
une peau fabrique une tente oublie de refermer
les grillons rampent acouphène cloison coraux
et ça continue on regarde la véhémence des plantes







je suis une toiture la pluie un maringouin
la journée se termine cycle speed dry
les cendres du chat sont encore dans le cabanon







Je ne sais plus faire la différence
Entre une obsession
Et un oignon







ce poème une vergeture offerte à la
cuirette bon marché bon mot bon
tombeau quatre roues velvet et
cramoisie j’ai sacré en traversant
la rue de tous les chemins mènent
à Rome au bruit de tôle des scooters
au bruit sec de l’accident
corps précipité à la sépulture des abandons
dehors beau ciel dedans shop à touristes
l’image vomit le tapis j’ai nulle part
suinte la roche à l’entrepôt des chiens
vertèbres péplum calèches corsets et saran wrap
c’est cassé et tout fend l’air







une bête tient tes pieds au chaud c’est pas encore ça
ça empli les esclandres des joues au bœuf
les corps à trouve-tiroir
les bouches à l’effondre
ou encore moins plus petit disons
l’os au long cou
d’un vol de mouches one-way
dans la mamelle du mal fermé




Eileen R. Tabios

Trois poèmes extraits de
Witness in the convex mirror



(Traduits de l'anglais (USA) par Samuel Rochery, juillet 2020)



LE PARFUM DE LA FONTE D'UN ICEBERG

Il n’y a pas d’alternative, et ces trouducs,
prêts à tout embrouiller avec leurs
jeux de miroir, colmatent les impacts de balles et passent une grosse
couche de peinture par-dessus comme si les impacts fleurissaient
sur des murs insensés, plutôt que dans un monde où la culture
ne fut conquise qu’aux prix de longues luttes. Il y a le fait (coup de feu) et
le fait alternatif (repeindre à neuf). Il y a le fait
(coup de feu) et le fait alternatif (« personne n’a été
tué »). Il y a le fait (coup de feu) et le fait
alternatif (« personne n’est même jamais né »). Mais le problème
avec un martyr, ce sont les gens qui promulguent
son martyr. Ils forment une culture qui survit
aux balles et aux déclarations d’un président : les balles
sont juste des jaunes d’œuf. Les gars, les filles, arrêtons de filer
la métaphore – la peinture du politicien, dissuadons-la
d'évoluer en alkydes métaphoriques :
ceux-ci, faciles et pas chers, ne font qu’étendre
le domaine des faits alternatifs. Appelons un chat
un chat. Appelons une balle le bout de l’iceberg
qui fond jusqu’à menacer tout le monde de ses eaux
polluées, pleine de trucs cancérigènes parfumés au goudron.



UNE URGENCE SANS COMPARAISON

L’ombre de la ville injecte sa propre
urgence. Je me trouvais à la Nouvelle-Orléans mais
pas vraiment, malgré la langouste et les beignets.
J’envisageais l’exil parce que Cristina
Peri Rossi avait attiré mon attention en
écrivant sur ces sales chiens bien nourris
qui ne manquent jamais de filles à niquer. Je tiens à dire
juste « filles », comme leur jeunesse – laquelle
implique leur virginité – serait plus
puissante en termes « d’écriture
créative ». Mais le poème requiert la vérité :
les femmes aussi étaient bousillées par les soldats
avant qu’elles ne soient distribuées aux chiens
de l’armée. Entonces* : des filles et des femmes,
que les choses soient claires, ont été violées à Montevideo. Tellement
de choses encore se sont passées – par ex., Santiago
dont la tête a traversé tout le pays sans
le corps ; pas besoin de décrire la lame
du soldat qui se nettoie toute seule du sang de Santiago
en allant trouver un autre cou à trancher. Mais le poète
peut lire écrire à propos des ombres injectant dans leur ville
l’urgence sans comparaison des exilés.

* En espagnol dans le texte (ndt)



UNE CHASSE EN HIVER

Ce miroir qui n’est plus mien
semble voué à la trahison. Le vent
fait des bonshommes avec la neige, dans le seul but
de les supprimer, à souffler dans une nouvelle direction.
Chasseurs et trappeurs savent traquer
la piste des animaux qui survivent
à travers leur invisibilité. Le signe le plus fiable
de l’existence, bien sûr, c’est le sang
qui se répand. L’angoisse de la vie qui s’en va
est quasiment impossible à camoufler,
surtout au moyen du verre qui s’incurve
de manière à grossir la vue. L’expérience, c’est savoir quand
piéger la vérité pour qu’elle se révèle. Les blancs lagopèdes
ont juste besoin de se tenir tranquille dans la neige pour se cacher –
afin de retarder ce moment où, déplumés
par ceux qui s’entraînent à la lucidité, leur cœur brillera
d’un rouge de braise ardente. Echange
équitable, dès lors que la chasse, réussie, signifie
a priori une certaine connaissance : vous êtes capables d’éviter les trous
d’araignées, les endroits friables de la glace dont on pourrait croire, à tort,
qu’elle est assez gelée pour supporter
un corps et son artillerie. Plus tard, en dînant,
peut-être, de morceaux de volaille frits aux oignons
et aux épices, le chasseur, qui existe en chacun
de nous, remarquera que « trou d’araignée » comporte
une autre signification : c’est, dans le jargon militaire,
un terrier solitaire de camouflage – peut-être
une prudence, qui prend acte de conclusions
antérieures. Peut-être que le miroir, s’incurvant
pour devenir convexe, ne trahit pas l’image
qu’il reflète. Peut-être que le miroir s’incurve
pour grossir la réalité – ainsi bien mieux élucidée.




Poèmes extraits de Witness in the convex mirror, Tinfish, 2019. Chaque poème s'inspire d'une ou deux lignes de Self-portrait in a convex mirror de John Ashbery.




Russell Carisse

quatre sonnets de Nomography



Traduits de l'anglais (Canada) par Simon Brown


1.


L’effacement ne s’est jamais réjoui de gestes

Peu perplexe peu nourrie construction construisant
     sous terre en cachette ne fanant
     ne nichant attendant rachevant un carcan
Pour nourrir devenir tout gravé en béton
         pour rien que de semblances semblant
     grande échelle inventant persuadant
     créature incitée invitée invitant
         aux espaces cimentés mous remplissant
de plaintes prescriptives proposant confusion
     aux sujets en souffrance estompant
     rescapant une grande place asphaltée asphaltant
De cité du futur scripté en scriptant con–

dits civils dans leur cruauté mise à nu.



2.


Déployez lauriers tout en javelot pour

Par craqués trottoirs offrant sol profusions
     de pensées finitude éparpille réveillant
     tressaillant rappelant tête terminant
retrouvant prix perdu bien avant briques maçons
         barrières barricades tendant érigeant
     fenêtres occupants occupant fustigeant
     bouches de dents grinçant insistant
         tous embrassant capital condition
Rêve nuages sans contexte profession
     pensée artifice néon clignotant
     mains menottes de phosphore enjambant
Le fossé de tous se proclamant pro–

les déposer sur nos têtes de vert engagé.



3.


Pages ou livres, en proportions

Ronde montrée en portails se montrant
     montant formes s’élevant formulant
     d’ordres ordonnés triant rapportant
Plates-formes formées de forçant finissant
         lattée de symptômes verdoyant découlant
     de perte implantée apportant enduisant
     lézardant par demandes graisseuses
         trivialement facticement
En actions provisoires d’active concession
     guidées composées alibi assistant
     extirpant délivrant aveuglés apparents
Aux papiers permissifs permettant con–

géométriques, expulsion depuis le dehors.



4.


Le monde, de brindilles piqué, car ces pointes

Tacheté en couleurs cachées à moitié
     lectures de partis intérêts se cherchant
     titubant énonçant destinée déclinant
Par ombres en coin couchées de couchant
         d’origines concevables ici par-devant
     parois prodigieuses prétendant apprenant
     recousant abattant abats toussaillant
         de voix babillant n’émanant de parole
de conscience n’attrapant un été en allant
     procédures par portrait chambranlant
     mâchouillant baladant connaissance confidence
consciemment positionner positions tels des pro–

contiennent déjà leur propre définition.


Poèmes extraits de Nomography, Sideroxylon, 2020




Guillaume Dorvillé

Poèmes



UN QUAI

Marcher sur un quai et
lire le nom des bateaux
Essayer d'imaginer leurs
histoires et leurs aventures
Les parties de pêche les
sorties en mer en famille
les jours de pluie sans
mettre le nez dehors loin
de la côte dans la
houle dangereuse les
objets perdus par-dessus
bord les phénomènes
météorologiques inédits
observés religieusement
les glissades les blessures
aux mains les bâillements
les frissons l'humidité
la solitude dans la nuit
noire le souvenir d'autres
habitacles réduits de corps
proches les uns des autres
et d'histoires et de
musiques et puis cette botte
de pêcheur perdue qui a
manqué à quelqu'un


CREMA

Dessiner sur des feuilles
de couleur crema (crème)
ou banana (banane) et
aussi c'est une journée à
se lever de son bureau et
à rejoindre le plus vite
possible le stand de tir le
plus proche et à passer un
permis d'utilisation d'une
arme à feu Je me vois
bien fier comme Hunter
S. Thompson avec un fusil
à lunette et faire de beaux
cartons bien précis à cinquante
mètres dans un carton de
dix centimètres par dix
Je crois que je pourrais
même me faire appeler
autrement que par mon
prénom et lancer des clins
d'œil à tout va et aussi des
bordées de jurons pour
faire marrer tous les gens
prêts à devenir mes amis


POURQUOI

J'ai relu Pourquoi les poètes
inconnus restent inconnus
à l'instant
J'ai lu ce mois de décembre
Et quelques fois j'ai comme
une grande idée
J'ai passé ce mois dans
différentes parties de l'Oregon
J'ai aussi pris le bus
des Merry Pranksters
avec Acid Test
Je m'apprête à lire La
Marche du Mort que ma
mère m'a offert à Noël
(aujourd'hui)
Il y a des choses qui foirent
et il y a les livres




Johan Grzelczyk

Deux données complémentaires



l’homme nourrit la machine
avec sa force de travail
à lui il la nourrit
ses lèvres épousent le cylindre
et l’homme nourrit la machine
directement avec sa bouche
l’homme se noue à la machine qui le tète
il l’entend qui mâche dans sa tête
il tremble aux ruminements de ses rouages
il éprouve la combustion
au cœur de son acier trempé

l’homme se maintient à la machine
il s’inanime à la machine
de tout le corps
il est la peau qui tient à la machine
l’épiderme collé
sur sa chair chauffée à blanc

et l’homme s’épanche à la machine
il parle de bruits de conserve
se signe en tours d’écrou

l’homme rugit la machine
il s’époumone à la machine
qui l’aspire et le respire
il exhale la machine
en nuages de fumée toxiques
il expulse cendres
et particules fines

l’homme souffle à la machine
l’homme grince à la machine
il se grise à la machine
l’homme se grise à la vie de la machine
il palpite de métal compacté
et s’ébroue en cascade de clous mal taillés

l’homme augmente la machine
l’homme abonde à la machine
l’homme prothèse à la machine
l’homme se prosterne à la machine
à la machine qui prolonge l’homme
qui prolonge
la machine


&


les rats
sur uranus
portent le feu
sur leur dos
et grouillent
rouges nus
à la surface
de l'astre
de glace
qui soubresaute
sous leurs doigts
agiles
de surmulots
mutants
entrainant
instabilité gravitaire
et formation
de failles sismiques

les rats
invasifs
s’agitent et
creusent
en tout sens
la croute
d’uranus
à la recherche
désespérée
de son noyau
solide
de silicates
de son cœur
de type tellurique
et de parasites
ammoniacaux
pour le faire battre
toujours plus
fort

les rats
en rut
gravitent
si bien
sur uranus
qu’ils impulsent
au corps céleste
un mouvement
de rotation répétée
représentant un véritable péril
pour leur espèce
de rats
brasiers

les rats
en feu
sur uranus
courent
en effet
le risque
de s’éteindre
littéralement
soufflés
au vent solaire
qu’ils auront provoqué

la planète
aux rats
privée du rouge
de leur lumière
pourrait ainsi
se voir plongée
dans le bleu
complet
à tout jamais




Vanhonfleur DelaBodega

VANHONFLEUR FACTS



Un cœur d'artichaut amoureux d'un sac banane
ça vaut quoi
par rapport à
un cerveau de la taille d’un pois chiche
qui se fend la poire ?



J'additionnais mentalement
une à une mes molécules
mais j'ai perdu le compte
au niveau des deltoïdes



VENEZ VOUS FAIRE GREFFER
chez nos spécialistes
une bouche
sur les fesses
comme ça
si votre tête est malade
on pourra parler à votre cul



Je n'ai qu'un pied dans la tombe
Dit mamie mille pattes



Okay si un hippopotame peut broyer une pastèque
avec sa mâchoire
Chuck Norris lui il
peut broyer un hippopotame
avec la pastèque d'une mâchoire



Épitaphe
ci-joint
on fait de vieux os



J'avais des crampes amoureuses
dans le ventre
tant et tellement
que ma merde était rose



Fallait voir la tête des fleurs
à ce moment précis
elles se foutaient ouvertement
de la poésie
alors je les ai piétinées ces saloperies



Projection
cinéma en plein air
d'un film vide
réalisé par personne
en l'an nul



en rentrant chez moi
tranquille peinard
je tourne la clé
j'enlève mon manteau de pluie
j'entre dans le salon
et là tout à coup
sans prévenir
y'a Nietzsche complètement à poils dans mon canapé en fausse fourrure de vache du Texas
– mais bordel qu'est-ce que tu fous dans mon canapé Nietzsche ???
– ainsi s'assoit dans un canapé en fausse fourrure de vache du Texas Zarathoustra

qu'il me répond



J'ai marché longtemps
dans cette direction
franchement ça ne valait pas le coup

dit la licorne psychopathe
peut-on lui faire confiance ?



Okay les crocodiles mangent
les gnous qui traversent la rivière
mais Chuck Norris lui il
mange les crocodiles en traversant les gnous



Je ne me souviens plus ce qu'on a dit
pour l’an 2678 c'est toi ou moi qui doit renaître sous forme
d'androïde cannibale hémophile ?



La boîte à meuh
c'est ok
mais vivement
la boîte à Nietzsche



Vous connaissez
l'histoire de la poule qui confondait les grains de maïs
avec des étoiles ?



– bonjour qu'est-ce qui ne va pas ?
– j'ai peur de mourir
– ah mais on peut recharger votre vie... pas de soucis... il suffit de brancher votre nombril à cette fiole de mana bleue.
– ce sont des conneries ça non ?
– ça fonctionne dans la plupart des cas... sinon vous vous transformez en pizza chorizo anthropomorphique




Je vagabonde
comme une raclette qui attend de fondre



L'autre jour je pensais qu'il était 17h
alors qu'il était plus tard



Soit je te casse la gueule
soit ma gueule se casse sur toi
dans tous les cas je serai à l'initiative



Okay poutine casse des cacahuètes
avec ses paupières
mais Chuck Norris lui il
casse Poutine
avec des paupières de cacahuète



J'en ai tellement ras le bol
de toute cette horde de zombies
qui attend dehors
pour me bouffer
c'est un peu anxiogène
comme situation





DANSE MACABRE AUX CONCOMBRES





suf marenda

Habiter / Déménager / En Poète (2010-2020)



C’est en poètes, sans aucun doute,
que
nous l’avons s’habité,
et sa périphérie, et son centre.
Car, c’est en poètes, qu’à nouveau,
nous entendons nous-en,
déménager.


1. Dans la Cité Claude Gueux

1.1. Depuis Florian, à ma fenêtre,
     j’aperçois les gueux.
     C’est de 15 étages, ou au plus,
     de très en bas.
     Car, pour ma part, j’applique, sévère, la loi panoptique des machines à habiter.
     Me surprenant moi-même (de moi de même !),
     à les épier,
     leurs titubements dans l'espace-temps de la promenade.

1.2. Puis, nous nous croiserons dans le silence.

1.3. Ils se tiennent, aux accroupis, assis en cercle.
     Ils se congratulent, et trop souvent,
     la femme-tête à claques, elle vocifère,
     à s’en prendre une.

1.4.Comme par ailleurs, les gueux d'ici se répandent déjà et encore, en pourparlers
     et de parloirs,
     lorsqu'ils ne dégueulent pas des flaques,
     étonnamment laiteuses.

1.5. Et toujours nos gu. se donnent au spectacle du boulevard
     Car eux, s’affairent, et puis sans cesse,
     y compris lorsqu’ils s'emmerdent tout en famille.
     . Ferme.
     A cent sous l'heure de peine.
     ou l'équivalent en minimas sociaux,
     une larme tatouée au coin des larmes,
     doucement défoncée, de 10 ans, jusqu’à 10 heures sous soi.

1.6. Or, ces gens-là méritent de toutes leurs primes.
     Les vraies médailles des néo-libs, elles leurs reviennent !
     et puis de fait.
     1.6.1. C’est parce que : pour le sacrifice !
          et pour la liberté !
          pour ce sens aigu encore,
          de la concurrence des endogames !
          Et pour hanter enfin, si
          consciencieusement

     1.6.2. , squares et pelouses
          et esplanades.


2. Dans le quartier St. Hippocrite, ensuite

2.1. il y a juillet,
    et puis juillet.
    ce dimanche-là, pourtant, je me sens comme,
    des surveillances.

2.2. Es gibt - ainsi, j’entre en récit - des hommes très habillés,
    pour deux chiennes seulement, ils ont assemblé neuf de leurs femmes (aux animas de dix mètres ! ou presque).
    Si certains cèdent, c’est par à-coups.
    Je les inquiète.

« - Il y a juste, que miro, moi, on me kill en plein quotient ! il y a, qu’un septième de mon droit au travail est capté, saisi de loin, et puis jugé, par des plus riches !

c’est surtout que ça te vient d’en face, de leur jardin…

il y a,… qu’on est dimanche et que ça vient de l’UMP. »

2.3. celui qui est un type,
    il me dévisage bien trop d’actifs,
    je vois que lui saurait.
    aussi, je me le croise
    (comme on se suit des yeux).

2.4. Es gibt - je m’accroche, à - dans son jardin d’en face ;
    petits marquis, des répub-cast qui, ils.
    Eux se suspendraient presque au grand jour,
    au champ étroit du grand pouvoir.
    Je les ai moi d’ailleurs
    à peine à l’oeil - politiquement parlant, je reste un faible.
    mais, comme les gueux précédemment,
    je me les toise encore,
    fenêtres/en bas.

2.5. Es gibt - c’est toujours là -
    une trentaine d’eux,
    Ils se célèbrent « plein de bonnes choses ».
    Ils se pétillent, de fait, culturellement.
    Mais je vois bien aussi, comme ils profitent.

     2.5. 1. Comment ils se greffent et par-dessus,
         des réussites et les succès pour leur future de bien notés !

     2.5.2. Bien que pourtant ! Pourtant, es gab (prétérit) leur maisonnette,
         qui sentait tant à la mesure. et de toute chose,
         de ce jardin, en presque arrière.
         il se couvrait, oui,
         de la chienne,
         au noir et blanc,
         mais conservait d’autant les dimensions propitiatoires.
         il y avait, si peu, cette dalmatienne toute aux abois,
         indispensable, j’ai vu,
         à leur vote droit.

2.6. Un Camion blanc, se les traite tous. Eux, en retour, ils se le louent chez Super U
     c’est symétrique, et puis dessus.

2.7. Certains des Bons sont Bel et Bien tous Vraiment propres. Et assez lisses,
    et tous trop dignes, comme pour le tout.
C’est aussi bien, moi, je le crois, ces chemises blanches et des polos à peine grattés, au plus que tout. Les robes d’été, d’ailleurs, jouent elles aussi, un calme plat.

2.8 Dans la rue, enfin, par bonheur, il y a cet homme avec la face,
    « en tant que des lunettes ».
    bien sûr, que, moi, je me le croise !

     2.8.1. Ensuite, évidemment, je mange à lui tout son visage !
         j’entends le déboucher, moi,
         jusqu’aux émeurodes !

     2.8.2. mais avec lui, le favori, tout tombe toujours,
         à point nommé
         (ce que je pense, qu’en cherchant bien il doit savoir et-chirurgien !).
         On le dirait brillant, et-même,
         comme rebouché

     2.8.3. à l’émeu-ri.












Ce vingt-sixième numéro de Watts
a été achevé de coder
le 5 novembre 2020,
sur l'ordinateur de Robert Watts.