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#20

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Rouleau d'écran de poésie
sous économie d'énergie
#20 • 07/19









Patricia Sourice

Sissi La Terreur (une figurine)



La violence est partout.
Je ne sais plus qui a dit ça.
Peut-être que c'était ma mère.

Je suis sûre que c’était pas mon père.

Mon père était plutôt du genre à dire :

Pense à la façon dont tu te présentes aux autres. C’est très facile pour un employeur de googler ton nom et de tomber sur des photos de toi à poil ou bourrée – ou les deux – qui t’empêcheront à jamais d’avoir un travail.

Et je répondais :

Papa, la seule chose qui peut m’empêcher d’avoir du travail, c’est cette svastika que je veux me faire tatouer sur le front. Ciao.


//


Une nuit de novembre 2018, alors que je me baladais dans la rue, je suis tombée sur ce type qui ressemblait à un soldat ; il m’a demandé une cigarette et je lui ai filé tout le paquet en prenant mes jambes à mon cou. Il avait un gros chien. Un Rottweiler ou quelque chose de ce calibre. Il m’a crié « merci » pendant que je courais.

C’est dingue comme j’ai perdu en courage face à la menace terroriste.

J’étais incroyablement plus courageuse au collège.


//


Au collège il y avait ce gars, Alain Delon. Il s’asseyait toujours derrière moi dans le bus. Le matin d'un retour de vacances, j’étais de mauvaise humeur et il n’arrêtait pas de faire ce bruit atroce qui imite une sirène de police, avec la bouche. Je me suis retournée et je lui ai balancé mon poing dans la figure.

Son pote me dit : mais, c’est Alain Delon !

Moi : ben oui, mais moi, je suis Sissi La Terreur !

Oh oui j'avais confiance en moi.


//


Va me trouver un superpouvoir aujourd’hui.
Que dalle.

La violence est partout.
Je ne sais plus qui a dit ça.

J’ai envoyé un texto à Sissi,
pour qu’elle me rappelle.

Même pas foutue de lui parler de vive voix.



P. Sourice vit et travaille au Mans. Première publication !




Sabrina Orah Mark

Parashas acharei mos



Traduit par Samuel Rochery



Alors pour ne pas commettre le crime quel instrument du crime as-tu utilisé ?



Est-ce qu’on avait promis de quoi manger ?



Décris-moi le « triomphe de la Pologne ».



Décris-moi le « triomphe du spectacle ».



Est-ce vrai qu’il a touché, en ton absence, la broderie avec sa bouche ?



Ou avec ses mains ?



La vaccination m’excite.



Et le lait ?



Et le jour ?



Et Béatrice ?



Comment croyais-tu que ça allait finir ?



Comment croyais-tu que ça allait finir ?



Les nids m’excitent.



J’ai toujours été chanceuse.



Peux-tu donner des détails là-dessus ?



Est-ce que les humains comptent autant que ce qu’ils démolissent ?



La prière m’excite, asymétriquement.



Poème initalement paru dans Octopus Magazine, sur le net. Cette revue n'existe plus. Le poème dans sa langue originale n'est plus en ligne. Demeure cette traduction en français, datée de 2008 (lisible dans Les cahiers de Benjy, et Poésie : face B.)




Eric Valor

Mes fils chantent pour une renaissance



Traduit de l'américain par Samuel Rochery


On a coupé
les fils
de ma Marionnette de Viande !
Alors on fait le tour
des suspects habituels.
Tandis qu’on les relâche
un par un
je me rends compte que
glander au lit toute la journée
n’est pas aussi décadent qu’il n’y paraît.

Le pas nonchalant
donne une allure maladroite
comme si on se marchait sur la jambe.
Après la
saison automnale
j’ai décidé de prendre un siège.
Ensuite j’ai
laissé mes doigts faire la marche
jusqu’à ce qu’ils prennent l’air.
Je n’arrive même pas
à me donner la main.
A ramper dans l’inconfort,
j’ai perdu le souffle.

Contrairement à Mick
Le temps ne joue pas en ma faveur,
même si je donne l’impression d’avoir plus
qu’avant, comme jamais.
Désormais le cyborg ressemble à ce que fait le cyborg
et j’attends
le futur proche lumineux
dans lequel une fois de plus
la gravité est mon amie.


Poème paru dans la revue Queen Mob's Tea House




Simon Brown

Mal-anatomie (une substance)



d’après L.W.


11.

Voici Notre Remerciement, Notre Devoir en Tension, la Tension du Devoir Jeté. Voici le Marteau, le Lien, le Fruit, le Bâton, la Lampe, le Conduit, le Brassage d’un Autre. Voici Notre Façon de Détourner l’État Érigé, Érigé en Petit par la Place du Mot.

Cela Donne un Seul Organe : Celui-Ci ou Celui-Là !

Par la Fuite, Par le Relief d’une Forme Heureuse, Faisons l’Heureux de Toute Lueur. Quand s’Annonce le Coucher des Formes, Notre Mot Traversera l’Écrit de sa Substance Couchée, Notre Déchet Débordera l’État Certain, Notre État se Formera de son Propre Élan.





18.

Le Mot n’est Nullement Jeté, Épuisé, Lâchement Dit. La Volonté d’Étendre, d’Amasser, Nous la Voyons Érigée en Question. Observons le Contenant du Mot, Observons par notre Propre Vide le Combat des Traits, le Trait des Domaines Échoués. Voici une Notation Infidèle d’être Aimé par ce Même Mot. Voici que le Contenant Outrepasse sa Propre Étendue pour Démarquer le Mot à Venir. Voici que le Trop des Chemins Questionne l’État du Chemin Annoncé. Outre les Mots, le Trop Révèle les Hauteurs de sa Propre Façon : une Étincelle des Vapeurs, une Vapeur du Lien Lié. Cessons l’Érection de la Maison Nouvelle, Maison de la Possession, de la Barrière en Heures Comptées. De ce Don, la Maladie du Trop Consumera le Vide. Telle est la Règle du Chemin des Vapeurs.





24.

Quand le Fautif du Monde Joue le Visible pour Voir de ses Propres Yeux, les Mots Sortis d’une Question ne Sont plus Rien pour Dire : la Question Questionne. Elle est une Fête du Souffle — Ceci et Cela n’en Savent Rien, Là où la Fête est Vent Chérant pour un Autre Désir Nous Annoncer. Ou est-ce le Déjà Écrit, un Sceau Planté sur Notre Geste Connu ? Est-ce l’Appel à un Secours Déjà si Écrit ?

Une Reconnaissance Intérieure, un Veau en Bouclier Précoce, un Mot Bien Écrapouti : l’Écrit des Eaux est un Corps. Le Corps sans Habit est un Lieu en Oblique, l’Écrit d’un Temps Trouvé, le Goût d’une Exhortation.

Les Gens Se Pensant Libres de Tout Forment une Question de la Fête, Installent un Écrit : « Je Vais Savoir », ou « Je Suis Dans l’Entonnoir de l’Apparent ». Pourtant, notre Couverture est une Malédiction des Crânes, un Geste Parlé n’Exigeant Aucun Apport Connu.

Hélas, ce Cousin n’est pas Chèrement Formé de sa Confession — Toutes les Hauteurs, Tous les Poumons s’Abstiennent pour une Substance Hors du Temps : « Je Pense » ou bien « Je Crois Vraiment ». La Question est Ainsi, aux Végétaux s’Écrivant un Propre Intérieur, un Passé Propre, un Astre Bref et Familier.





27.

Nous Sommes donc de ces Choses qui ne Connaissent Plus, de la Connaissance des Hauteurs, des Sœurs Enflammées dans l’Entrelacement de l’Invisible : par un Geste Loué, par une Belle Disposition, par l’Eau des Oreilles, l’Eau Donnée pour Toujours. Observons le Don qui Appelle à la Chose Entrelacée ! Donnons-nous à la Barrière des Oreilles, à l’Immobilité des Aplats ! Voyons Seuls par l’Esprit l’Enveloppe Flottante, la Fonction de l’Abri, la Barrière du Tout !

Eau ! Geste ! Enveloppe ! Secours ! Vide !

Du Vide Refusé, du Refus Redoublé, ces Mots Embrasseront-Ils le Petit de Notre Propre Vide ?

Par ces Mêmes Mots Refusés, Donnons-Nous la Prolongation d’une Nuit Embrassée en Longueur ! Donnons-Nous le Fruit, le Noyau, le Fond de l’Éclat que Nul ne Sait Connaître : un Geste Flottant de Nos Propres Mots. Par la Bouche des Mots Humides s’Érige le Loisir d’une Question : Comment Ça s’Appelle ? Comment s’Avance sa Couverture Pliée ? Nous Nous Plions, une Façon de Retrouver le Refus de ces Mêmes Longueurs. C’est Ainsi qu’on Dira : Ça s’Appelle Comme Ça. C’est Ainsi que le Mot en Sortira par un Doux Vent de Mammifères Entrelacés. C’est Ainsi que Nous Exprimerons la Vapeur des Noms, par l’Entrelacement des Heureux, l’Accueil des Couvertures, le Bourdonnement du Tout Petit.




Joshua Jennifer Espinoza

Mythofabrication


Traduit de l'américain par Michelle Wonja


Toutes sortes de mythes vous maintiendront en vie.
L’un deux implique des noms et le pouvoir qu’ils détiennent.
Un autre concerne la mémoire.        Dieu aussi est un mythe,
mais c’est de la transcendance, tandis que tu traverses tes journées à peu près
sans dommages.         Ensuite, du calme.         Et de la paix, et
de l’amour, et des rêves.         Du confort, dans certains.
Dans d’autres, l’enfer.         Chacun sait que, dans la vie, il nous faut trouver
une distance, la prendre, et la conserver.         Personne ne sait vraiment
comment définir la quantité, relativement grande, d’espace
entre les particules qui nous composent.        Les gens
croient encore que dieu est un homme.         De tout mon cœur,
je te promets que les choses sont plus étranges, plus captivantes et plus
barrées que ce que tu peux en voir.         C’est ce que je me dis
lorsque le sommeil devient un mystère , et j’oublie le langage
de la respiration.        Cela m’arrive si souvent ; mon quotidien
se défait, je ne crois plus en moi-même, je régresse
vers cette méchanceté qui consiste à désirer la vérité – un truc
pour signifier le mélange des peintures de la pensée, de la sensation, du corps.
        J’ai peur du gris.         J’ai peur du blanc.         J’ai peur de disparaître
dans le contexte d’un monde trop sûr de son but.


Poème paru dans Paper Bag Magazine




Claudia Serea

La clarinette



Traduit de l'américain par Chloé Guezo


Quand mon grand-père est entré dans la pièce,
plus petit et beaucoup plus âgé
que dans le souvenir que j’en avais,
jouant de la clarinette
avec un groupe de musiciens,

j’étais en train de cuisiner six grands chrysanthèmes
à la sauce aigre-douce.

Je ne voyais pas leurs visages
cachés par leurs bois
et leurs cuivres,
leurs gros saxophones,
hautbois, et doudouks,
trompettes, trombones, et tubas,
scintillant comme des dents en or.

Je lui demandai
quand as-tu appris à jouer de la clarinette ?
Mais il ne répondit pas.

Je lui ai servi les chrysanthèmes
et les cœurs écorchés
et je suis sortie pour accrocher
des formes d’enfants à naître
sur le fil à linge.

C’était le début du printemps,
glacial et cinglant.

Mon grand-père et les musiciens
jouaient de leur instrument à vent
aux funérailles du siècle.

Et marchaient lentement à travers la colline
derrière le camion contenant les cercueils
jusqu’à ce qu’ils disparaissent.

Seule la clarinette continua à gémir.



Poème paru dans la revue Queen Mob's Tea House




suf marenda


Dodgers, Dodgers, ta-ta-ta, ta-ta-ta !

Il y avait ce côté Texas-Vignancourt,
à la fois ouvert et, pourtant, fraîchement blandin.
ses femmes avaient prévu de m’inviter pour le leur notifier.
« du tact et de la discrétion, jusqu’à la remise du document »,
toutes les consignes étaient saisies,
j’allais,
passablement emmerdé.
pour ce que j’en sais, la vente ne s’est toutefois jamais refaite.
et c’est heureux.
un type comme lui, ne m’a jamais contacté.
et jusqu’au jour où, le pauvre…,
il s’est offert son 750 GSXR-front pop’,
un ’36, de la Belle Epoque.
ce monsieur-là roulait en sportive couchée,
en bleu, en blanc et en fluo orangé.
ses échappements verdâtres ou nacrés se voulaient débridés de colère.
ça donnait toujours, Paris-Orléans en 17 secondes,
top chronophages. quoique…
sans se lasser, mordu à fond, il s’écrivait son truc,
et tous blindages sortis :
« je veux mourir, mon clebs est un raaaaté ! il clique sur tout ce qui bouge !
hé, ma fille, tu crois qu’on n’a jamais bossé, ta mère et moi ? vous, les autres, stop ! vous nous prenez trop pour des te-chas ! »
et encore : « où vas-tu toi, qui, sans la forme, réfute si promptement les baffons ? »
et il gueulait ainsi sur des kilomètres.
on lui avait fait tout le poitrail devant
et, chaque jour, deux de ses femmes le rebaptisaient « hédoniste Dodger ».
mais lui, n’entendait pas,
il ne parlait (plus) à qui de droit.





Cyné-mystère

lorsque l’un des convives s’épingle la France Invisible,
les pensées du Chien font leurs deux côtés de sur la route.
elles s’emplâtrent une belle série de murs à pêches
et d’idées-cons, toutes simples.
on les redresse, tant bien que fuite,
avec de la gazouze, du vin et du rubbish.
des hommes-mecs sifflent ensemble le pinot noir,
avalant sec, allez !, jusqu’à « 1 repas complet ».
ils y chient-la-France des billets de mille,
dans leurs polos blancs, rincés et déssalés.
et, oh, zut !, d’un coup, le ciné roule sous la table.
eux : « parlons d’Algérie, puisqu’il le faut… »
le Chien est là, lui et les autres, à tenir son souk,
il n’accuse personne.
un récitant calme encore le jeu. il commence à égrener les catégories printanières
de la reproductibilité statique :
« comédies - bonnes comédies françaises -, thriller,
action, drames, classiques, séries »
il j’aime tout !
le Chien aussi, sans doute…
en le remarquant à la culotte, il apprend, en foulée, que le voisin est un maître,
qu’il possède le Chien. et à lui seul !
fachiné.
en animal-fusil, il chasse pourtant volontiers tous les oiseaux pléonastiques
qui volent dans ses grands airs…
surpris.
un jour, le voisin sait, par exemple, que ce dément de Chien grattait la terre,
et qu’il l’a grondé comme un péteux.
interdit.
plus jamais que ça, assure-t-il !
mais le Chien profite tout de même d’un home-cinéma,
il pose sa crotte dans une commune dépourvue d’équipements (publics et privés),
où là, heureusement, on ne paie pas trop.
ça ne l’innintéresse pas.
tout au contraire.





$21 juin$

primesautière cornefulgue,
comment reroussir
un printemps d’abattis?
mon conseil :
j’espère pour Véronès,
qu’elle remonte
ses pochettes
et de potiches (mes meufs)
et de cérames bousillées.
on dira, je le sais, que tel plat se répare en vitesse.
« poisson » mort, se prononce « et fermement ».
il à beau schlinguer fort, à demi-calembour,
les pas tout fins (et, au fond, pas finis), les aboyeurs à quai,
s’aventureront, obligé !, à poser deux questions :
pourquoi dit-on 1. de ne pas s’y fier ?
pourquoi vouloir 2. surdéclarer sur la trêve ?

ce seront-là, je crois, tous mes mots de saison,
ils se présentent ici
en enjeux d’arrière-garde.

en livrée, comme il faut,
avec sans mes excuses.





$21h08$

buscando le système,
nous revenions à pied.
et furax, je l’étais.
la lessive prenant fin,
on devait afficher ta fierté d’héliotropes !
« bois du vin » et « bois du vin ! »,
on te les passe peut-être pour des ordres-simili,
mais ça ne fera jamais au bilan, une vraie discipline.
aucun respect, surtout, pour les jardins Lenôtre.
ce type-là d’épouvante se gavillait toujours
de culture Renaissante. oui !
va, à Chambord. sais !,
pour y lire, de forge, en liseron, de forge,
et cesse alors, surtout, de pérorer tes pas couilles
sur un sens de l’Histoire.

car, chez toi, désolé !, Hegel et Max,
ils puent juste le mépris,
le mépris,

le mépris,

le mépris,

et la mort.





il est “Gilles est de droite” (w.i.p.)

il faut pouvoir s’autoriser deux ou trois choses. s’accorder deux parts, au moins, de liberté.

dans sa situation, accepter de dire crûment « je suis de droite », peut-être que c’est beaucoup. c’est-à-dire, beaucoup pour un seul homme (à condition qu’il soit bien lui et bien lui-même).

pour sa femme-de-mec, aussi, c’est un peu bourratif. oui.

en revanche, il peut rappeler à tous ses enfants que pour sa part, il a « toujours voté à droite ». et, après avoir regretté intérieurement leur vote PS « de socialo-communistes », songer un instant qu’il aurait pu en être autrement.

dans ce décalage fugace d’un soi de droite à un soi familial de centre gauche (donc, pas B*rl**, cet *******, je peux pas le sentir), se manifeste la deuxième moitié de liberté. celle dont il ne sera pourtant jamais question.

le côté droit, chez cet homme-mec-là, est un fait têtu. à demeure.

plus qu’un rendu de structure, c’est de la structure. c’est bâti en structure.

en matière politique, il jouit, à ce titre, de la libre liberté d’un squelette - qui prétendrait le contraire ?

il est de droite - toute honte bue, toute coquetterie mise à part - mais de droite d’une manière (qui lui est) propre. conformément à un style.

il est « Gilles est de droite », mais il est de droite comme ce Gilles-là et, peut-être comme aucun autre.

combien, au juste ?





12HG-SD76-91T9-2R3T-SL68 w.i.p. à clé WPA (sécurité moyenne)

       et les mêmes Hans, qui roulent-boulent pieusement, sur le Bund de Shanghaï.

       et les mêmes mollesteurs, perchés à pas si haut-les-embrumes. On les entend mollards, tyrannisant ceux dont on extrait des contextes (à haute densité white fence). Au même instant, à 10000 verticaux, le Jangxi accueillerait volontiers un interprète des plus… potes.
       mais ces gens-là, que veux-tu, ils savent fameusement s’enrôler. Avec une vraie-fausse politesse. Ce qui veut dire qu’ils font simple. A un peu. Qu’ils sont presque tout en success. Ils aiment à se tenir bien. mais jamais par la main.
       lorsque la direction distribue des feuilles, c’est toujours aux femmes qu’il revient de crapoter. Timidement, en bras maigres, sans douceur, elles recherchent le feu d’un South. Elles le préfèrent au butin.
       toute toxicité égale par ailleurs, comprendras-tu alors le geste de celui qui, aventuré derrière le minibar, sait combien demain sera monté à cru ?


       une décision éventée, et peut-être « simplement satisfaisante », au sens de March & Simon (1958), consisterait, c’est vrai, à le guider au plus près.
       une demi-bougette en guise de chiffres. On ferait œuvre, comme des poucaves locales, presqu’à fonds perdus. On chiffrerait rond, on s’avancerait vers l’étendue, en songeant aux dégâts (et à eux seuls, c’est plus sûr).
       d’autres accords rassureraient davantage. Mais on connaît toute l’histoire de nos anciens. Ceux de la plus haute estime relevaient pourtant du mythe, du territoire d’origine de tout Négociateur.
       je le caricature ici, désavouant le loisir. Mais il se ressemble. lorsqu’il s’acharne à injurier presque toute leur noblesse et qu’elle-même embraie avec force consignes et, par exemple, qu’elle soupire : « kickez donc un coup encore, et activez des machines ! »
       l’autre, l’individualisé, l’autonome, il auto-undertakerait des ge[1], sans aucun relâchement.


       c’est dans tout cela que gît l’ordre des choses.
       Jusqu’au jour, où seulement, où ? à court de sensible, les fameux nobles entre eux, l’auront presque déjà crié trois fois.
       une opération d’autant plus folle, que pour mieux voir, chaque confrère découpera au ras du cul. jusque derrière lui.
       et ce sera fou. ils lui auront tout enlevé.
       ça se passera très près du cœur. sur le flanc.



       [1]préfixe chinois, prononcer \ɡø\.




Rochery + Vromanne + Guezo

Maison de la poésie sans les murs




La Maison de la Poésie sans les Murs a ouvert ses portes et fait exploser ses murs en 2017. Depuis, les manifestations, les rencontres et les lectures se sont succédées, donnant à sentir cette suave odeur de brûlé qu'ont les propositions déglinguées. La MDLPSLM est ainsi devenue le coeur des enjeux de la poésie d'aujourd'hui, de demain, d'après-demain mais aussi de toujours. Retour sur quelques moments forts, à travers une petite sélection d'affiches qui ont scandé des soirées mémorables — auxquelles vous avez probablement participé. Nous vous en remercions chaleureusement.

https://maisondelapoesie.tumblr.com

Samuel Rochery, Stéphane Vromanne, Chloé Guezo.








Ce vingtième numéro de Watts
a été achevé de coder
le 3 juillet 2019,
sur l'ordinateur de Robert Watts.