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#16

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Rouleau d'écran de poésie
sous économie d'énergie
#16 • 07/18









"L'atmosphère de Watts est principalement constituée d'hydrogène et d'hélium avec des traces d'hydrocarbures et peut-être d'azote, mais contiendrait davantage de « glaces » au sens astrophysique, c'est-à-dire de composés volatils tels que l'eau, l'ammoniac et le poème non-poétique. Ce dernier est d'ailleurs partiellement responsable de la teinte bleue de l'atmosphère de Watts, bien que l'origine de ce bleu très soutenu reste encore inexpliquée."

- Source : Wikipedia.




Danielle LaFrance

Trois poèmes extraits de It Makes me Illiad (2017-2018)

Traduits de l'anglais (Canada) par Simon Brown




POÈME no. 2

Une dépressive   écrit sur   le futur,   tout le monde   en rit.
Dix lèvres,   dix bouches.   Énumérer   langues dorées,   cash.
Le trou de toute   la structure.   En une gorgée.   Briserait ce cœur   mais non
je suis empalée   par pulsion   constante   de l’éviscérer   poing premier.
Beaux seins balancent   un cerveau   ou deux.   C’est à vomir,   relâche-moi
truie, gravis   avec charisme.   La vraie pulsion   est de préciser,   errant
de sexto en sexto.   Je veux dire :   d’une façon   ou d’une autre   c’est moi qui perds.
Maintenant   c’est long comment ?   Je veux dire :   coït triste.   T’es doublement
déboutonnée   dans le dos, ma chère.   En dedans,   on se la ferme.   En vertu
des pouvoirs   qui me sont   contaminés,   je déclare ceci   parfaitement vivant.
Ce n’était   pas à toi,   mais tu   me l’as pris   pareil.




POÈME no. 10
pour Hélène Rytmann

Ça se défoule   sur moi,   m’attache   grelots de Noël   au cou.
Ça tue, puis   le Canada   annonce l’abandon   de la cenne   noire.
Ça tue, puis   qui lira   dans mes pensées ?   Un bon cunni,   me vautrer
dans la crasse.   Me reste   à penser   librement.   Me couche
devant   sur le dos.   Ça tue, puis  c’est au fruit   qu’on juge,
qu’on mange !   Pis ? Comme   les idéologies,   je le sais.   Ça me frappe
avec son arc.   Faute de fouet.   Oublié dans   la familiale.   J’haïs ça
quand ça arrive.   Ça tue,   puis j’attends   la porno-chance   de contact,
hors de portée.   En V,   rembourrage   de crâne.   Ça tue,
puis je saurai   les réparer.   Ça tue,   puis tape fort   sur ce clou.
C’est un chat   en plus grand,   je le sais.   Me mordille   le nez
quand je dors.   Ça tue, veut   me fourrer dur   sur le bord   du lavabo.
Tape fort   sur ce clou.




POÈME no. 20

Avant les dieux   se faisaient   la guerre.   Avant de former   leurs sectes.
Dans le poème   numéro vingt   le rôle de Zeus   sera assumé   par Professeur Xavier
en blackface.   Trigger warning   PRÉCISER   LES ÉMOTIONS   DE FAÇON
RAISONNABLE.   Les victimes   font tomber   l’uni avant   son temps
énoncé. Zeus   comprend le ton   du courriel,   souhaite répondre   calmement :
« POGNE-LES PAR   CE VOCABLE   TOUT À FAIT   EXAGÉRÉ ».   Les vieux
bonshommes m’attristent.   Trop tiède la pisse   pour des   comme lui comme   du thé.
J’ai toujours voulu   les voir en manger   une bonne   avec talon haut   crissé
dans gorge   comme le porc   et la pomme   au moyen-âge.   Sur un plat
de service   ce serait parfait   puis n’oublie pas   ta meilleure   argenterie.



Le site de Danielle LaFrance : http://daniellelafrance.com



Eléonore Lizée

La machine

Bons baisers
de la machine.

C’est un truc
que j’ai toujours voulu dire
à quelqu’un que j’aime.

Le bon moment
n’est jamais venu.

Et : les atomes
des choses qui vivent
sont parmi
les plus petits.

Je ne fais que
paraphraser

le physicien
que j’ai entendu
à la radio.

Mais un jour
grâce à l’évolution de la Phrase
ce sera
une déclaration
d’amour.

J’ai confiance.



Guillaume Dorvillé

Poèmes



ZOO

« Pourquoi vous descendez pas d'la voiture là
On n'est pas à Thoiry ici »



_____



CONCORDE

Je roule à côté de l'aéroport Charles-de-Gaulle
Je pense au film La Jetée (Orly)
Je pense au Concorde qui s'est écrasé à Gonesse
Un véhicule léger de l'armée nous oblige à reprendre la route



_____



LE BOIS NE REND PAS LES COUPS

Poème en peignoir avec
motifs surpiqués de mugs
fumants et de différentes
couleurs



_____



NUNCHAKU

Tu prends le téléphone à
cadran et tu utilises le
combiné comme un
nunchaku
« Cette conversation est
terminée »



_____



AVARIE

« J'ai cru que j'étais l'objet
de l'amour de tous »
Il a parlé en alexandrin
après avoir évoqué une
chanson sirupeuse (Il y a
trop de gens qui t'aiment
)



_____



I'LL SEE YOU IN HELL

Demolition Man



_____



PERMANENT VACATION

Au volant d'un Zodiac Pro
750 5.5 équipé d'un
Mercury F 115 Pro XS
Poème technique avec
clous de cercueil Peter
Stuyvesant intégrés
Ne doit pas être confondu
avec Pieter Stuyvesant
(surnommé « Clou d'Argent »)
Scintillements



_____



CAÏD

Caïd-Caïman
Tréma-Trépas
« U tréma sur le sweat »
Gatling
Impacts de balles dans les
vitrines
&
Ligne sinueuse de pois
noirs sur une palissade
Carcasse incendiée de 718
Cayman
et T-shirt Ünkut



_____



COUPURE GÉNÉRALE

Le disjoncteur général brûle
Radiographie d'un nuage
« Salut P'tite Tête ! »
On lave les cerveaux à
grande eau
Les doigts dans la prise
les yeux dans la mayo



_____



INTERSTELLAIRE

Il manque un hublot
alors on vole bas
De toutes façons
ça ne volait pas haut



_____



KRABI KRABONG

Krabi Krabong
&
Crabe Croustillant




_____



AM GREY/SILVER

Grey Bull
Ceramic Grey
China Grey
Cumberland Grey
Silver Blonde
Silver Fox
Casino Royale
Centenary Silver
Hammerhead Silver
Lightning Silver
Magnetic Silver
Meteorite Silver
Quantum Silver
Scintilla Silver
Skyfall Silver
Spectre Silver
Spirit Silver
Titanium Silver
Tungsten Silver



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LONG POÈME D'AMOUR



_____



JACQUES DANIEL

Il se lève de son fauteuil club
se dirige vers le mini-bar
Il a mangé un banana split traditionnel
« à l'américaine »
caramel liquide sur la boule vanille
coulis de fraise sur la boule chocolat
sauce chocolat sur la boule fraise
et qui lui reste sur l'estomac
Il se dit
je suis une cerise confite
prise dans une avalanche
de chevaux marins



_____



XOLOITZCUINTLE VS SPHYNX

Se mettre à nu
est de plus en plus dur



Poésie d'espionnage

Extraits (3)



Peu importe la situation
un gros monsieur
déguisé en abeille
c’est scary

- Actrice au volant faisant état des choses louches du bar le Jono, 23h44




Je sentais
que quelqu'un
m'observait
mais c'était
la photo du pape sur mon bureau
je l'ai cachée avec la feuille
des horaires

- Collègue de job épiée par les pieux, bureau administratif, 10h41




Ma vie
amoureuse
est partie
en Thaïlande

- Récit des couples déchus, St-Houblon, 19h32




Il a dit
que depuis que je porte
des faux-cils
il me trouve vraiment cute
pis que je ressemble à
un capot de char

- Une jeune fille et sa confidente, dans l’autobus pour se rendre au métro Montmorency, trop tôt le matin




C'est pas
lisible
c'est des hiéroglyphes

- Patiente qui tente de lire la note du docteur, sous-sol douteux, 16h02




- Ils ont tamisé
les lumières
- Ou quelqu’un
a parti
un séchoir

- Conversation censée sur l’ouverture d’une soirée de poésie, 20h49




En séminaire
quand je parlais de mon sujet
les zombies
les gens pensaient que
je parlais
des hommes bi

- Le gars en confess' sur la confusion sexuelle de son sujet de maîtrise, pub McKibbins, heure-ish du soir




cinq minutes
de médisance
par jour
c'est bon
pour la santé mentale
mais plus que ça
c'est de l'acharnement

- Une femme venant de terminer sa courte séance de médisance, début de soirée




-Are you going
to church
-No
I'm gonna
light my dark soul

- Une mère grecque inquiète et son fils obscur, sous-sol d'hôpital, 10h00




Des fois
tu regardes
de l'art abstrait
pis c'est toi le récit

- Un amoureux de l'histoire de l'art, Ste-Rose, 22h12




Je l’ai croisée
l’autre jour
pis j’y ai dit
heille
c’tu des nouvelles lunettes
pis a m’a dit
c’est juste des lunettes
j’en avais pas avant

- Un gars bin ailleurs sur son amie, lecture de poésie au Kafein bar, 17:49




J'ai autant besoin
de ce foulard là
que d'une balle
dans la tête
mais il est tellement beau

- Une dame d'un certain âge qui assume que son achat en est un inutile, Vieux-Montréal, fin d'après-midi




Leur ligne éditoriale
c'est
« on va t'accompagner »
câline
chu pas mourant

- Auteur cynique à propos d'une maison d'édition, Café Martin, 15h57




Il écrit comme un médecin
mais il a jamais
sauvé
personne

- Incroyable barbu à propos de son directeur de maîtrise, Rosemont-La Petite-Patrie, très très tard




Au 19e siècle
les gens dormaient
assis
parce que couchés
c’est les morts

- Réflexion post-vin d’il fût un temps, Bin loin du centre de Québec, 01h35




Audrey Macintosh

Poetrypix.com



Souvenirs, souvenirs. C'était à mes débuts. J'étais ingénieuse du son pour Yves B. Là, Yves est furieux parce que j'ai trafiqué le micro pour que sa voix soit plus "grindcore". Oui. Je me marrais bien, à l'époque !



En compagnie de mes fans de la première heure. Beyoncé et Bernard Heidsieck. C'est je ne sais plus quel gala de poésie sonore de variété. En tous cas à l'époque j'écoutais le groupe I AM en boucle, Bernard s'appelait encore " l'Idole des jeunes ", et Beyoncé n'était pas maquée avec Kanye West.



Mauvais souvenir, celui-là. Je me rappelle, je cherchais un saxophoniste pour mon concert de poésie à la Fondation Cointreau-Pastis-Coca, et on m'avait collé un lecteur. La lose.




Lors de la remise de mon Prix pour "Poèmes stars 80", pan!, un type s'était avisé de faire le clown avec des bananes derrière mon dos au moment de la photo, en prétendant qu'il s'appelait Chopin. Ouais. Ouais. Est-ce que j'ai la gueule de George Sand ?




J'avais mon coiffeur personnel. Il prenait soin de moi avant chacune de mes performances ! Là, il teste le sèche-cheveux dernier cri, mode d'emploi à la main, parce que je le vaux bien. C'était une époque merveilleuse.




A la fin de chacun de mes concerts de poésie sonore de variété, j'ai toujours ce geste politique pour le public : je me mets au bord de la scène, et je lui tends le micro. Bisous les fans.




En écoute sur Bandcamp, "Poèmes stars 80", le disque pour lequel j'ai été élue Meilleure Voix Synthétique de l'année 2018 aux Grammy Awards Of Poetry !



suf marenda

*44*
 (numéro provisoire : c’est du WIP)

Aussitôt descendu du poto de couleurs,
T.S. couinque de villemarseille,
voit s’ébrouer le novo.
De retour, en merveille, à l’optimum de la L.E.M. :
on le donne seul un jour à 18-54
contre 91.
Il y accomplit ensuite
20 années de labeur.
Elles sont grosses de trafics
et de prouesses étourdies,
suffisamment politiques
pour le voicir à part !
Lui, qui portait ce séjour vers un sangle-cousu ;
rémunérant les uns pour les manières des autres,
les recompile enfin, façon Joe Bannionnnette.
On l’aborde trop souvent comme un homme pure player (un ex-stetsasonic, au vrai)
ou comme un négociant, tout en random filters.

Or, il t’épargne toujours
les assauts répétés de son inutilisme.

avant du moins - on le sait - que les angles luisants
de son corps anithrique,
ne reviennent en boomerang,
réenconcasser
ce qu’il lui reste de dents.
Comme il profite alors d’un bel effet miroir !
On le parfume sans fin de poldos et de poldomontaizes,

et c’est ainsi toujours qu’il préfère intégrer
le demi-monde
de ses amis stoïques,
En unique exemplaire de Juan-savonnant-la-planche,
il se raconte à eux
assisté d’une feigne,
dont il écharde les racines.



*5435*

ça te fait un bien de xav’
tout ça, parce qu’ils m’ont rameuté
et au fléau gléchome, encore !
comme tu le sais, lersdkberie m’est difficile.
depuis toujours…
parce que d’origine espagnole
Grecque
hostal Hissène abrégé
hostel en pif
sur ton ail des ours,
j’irai, tout frais revendu
puisque vu d’ici, pas de fongicide, qui tienne. et…
Grec !
pas de toute tonsure, non.
bien qu’à coeur vaillant,
rien ne texhume.
et ça, aussi, robert, ballaste,
ça aussi,
c’est du vécu !



*34*

Clair, place et boutiques
c’était moins simple
moins vrai qu’un malabarodrome,
moins certain que tout arrivage
et de la bouscule ?
toujours rien
tellement



*9*

j’inflige
à Dreyfus.
Et j’exige
l’hymne de Mars
Draguibous.



*10*

c’est moi qui-ai commencé.
employez moi
poisseux.
bois ce poison, poiscaille,
ce garum.



*22*

Boule imite
son con de mère
j’anticipe
j’en moulerai un
blanc blanc blanc
car, là, c’est Rome qui dégouline



*1965 = Lire le Capital*

lorsque déborde l’ordre antérieur à,
l’ordre du miel,
la distribution de LOVE défouraille
à chaque coup de la schlague.
lorsque les baffes flippent,
elles flippent, crois-moi.
et que veux-tu…, elles surnagent,
j’enchaîne : IL FAUT SAVOIR QU’
une proportion de 27%
d’entre elles flotte.
à la surface du flouz,
elles ont mérité les costumes préservatifs
supérieurement lestés de
NORMAUXSOAP-nés LAPLANCHE, époux ctrl-ALT,
un instant, auteurs de ces lignes : « LA VU(lv)E EST LE RAPPORT DE REFLEXION IMMANENT DU CHAMP DE LA PROBLEMATIQUE SUR SES OBJETS ET SES PROBLEMES »,
un instant.
La pauvreté de la leçon, le voici, ton titre.



*0,2101*

aussi, en droite n’a-t-il jamais possédé de mécaron-circuiterie.
on lui attribue invariablement trois types de sentiments :
une ordure,
un chantal de gloss
et les deux moitiés d’une barbaque de réencarnie (frêle)
par exemple : le mardi, jour de poulet, ses proches lui laissent à peine deux croupes,
et en deuxième, encore.
à la demande, j’y vois presque… une erreur 504 des droits réels
(ou de modèle turbo proofie)
tandis que le vrai-sûr est essentiel,
elle se donne pour une circruciale,
une re-discrète,
la révolte, quoi !






Chloé Guezo

Interstices

écrire
dans
watts
est-il
bien vu ?

j'aime
une panne
électrique.

Rachel Mindell

3 poèmes de rib and instep : honey

Traduits de l'américain par Simon Brown




Écouter la robe

La vérité est une coupe maison, ampoule morte
la rue à travers une robe
lourde moite, étendue
dans la fenêtre.
Siphon dessous, un passage
se met à glouglouter. Parle-moi
de choses réelles. Montre-moi
comment tu te peignes. Piler sur
la robe, la retenir bleu marine
disait-elle au carrosse incapable de l’esprit, du mien,
du crâne relâché, disait-elle réel pas cette rue, pas
un souper ni l’enclos parfait. Nous sommes
parties mouillées, parties lourdes, c’est
pas ça être chez soi ? Pas ça.





L’ossuaire de Sedlec

si lisse sur cage thoracique : une chapelle faite de tant
    de squelettes inhabités qu’on puisse entourer, après calculs, au moins
    un terrain de football : en vénération un lustre tendu, une guirlande
    opaline, un fémur enjambant bouches béantes : en vénération finir
    par vénérer : assise sans crisper les orteils :
gants travaillés étirés pour dépasser tout doigt, claquant de la mâchoire :
en vénération un tas de fins pieds, fins bras déterrés laissant dessus
mon propre atlas, mon propre axe.

compté une cinquantaine d’ossements dans chaque bouche close, chauds comme pains
grillés : en vénération raviver feu de joie roussir sorcière de long hiver jusqu’aux ampoules
de balai : proximal, distal et entre : cou encerclé d’horlogerie

    Boulettes et chou sauvage : écusson : visiteurs réprimandés
    d’avoir touché, flash, filet de fibule : seul toi très-haut :
    grimper échelle désarticulée vers l’autel, coller l’oreille sur chaque creux :
Incarnation baroque : en vénération enjamber les pierres : taquiner la jointure du coude
à l’extension : sacrum en soulèvement et rotule givrée : médaillons





Intimes

    « À l’origine de ma technique se trouve le désir, pas l’expérience. »
       – Lisa Robertson

Sous terre, il faisait noir
J’ai décidé de faire surface en colonne vertébrale
La carrière pleine de minéraux
Certains mouchetés, magnifiques
Certains adorés, bridés, en miettes
Certains réverbérants
Certains obliques, solides
Certains remplaçables
Certains comme cendres chaudes
Certains clandestins, froids, oxydés
Certains aiment écouter l’écho
Certains font grimace à la collecte
Certains feldspath, galène, apatite
Certains lisses, sots, striés
Certains serrés de la mâchoire, colériques et ainsi de suite
Sous terre, il faisait noir, je demandais aux murs une emprise
C’était agréable de confondre corps et extraction
C’était agréable de forer



Le site de rachel Mindell : rachelmindell.com






























La lessive perdue

Une photographie d'Olga Theuriet














Ce seizième numéro de Watts
a été achevé de coder
le 3 juillet 2018,
sur l'ordinateur de Robert Watts.

Pour ce numéro,
la revue a bénéficié
d'une bourse de récréation
de la Maison de la Poésie Sans les Murs.